Il est 7 heures du matin et, à peine réveillés, nous partons à la recherche d’un bel endroit pour prendre le petit déj… C’est l’avantage d’avoir un camper van !! La lumière rasante du matin est sublime et la campagne que nous traversons est d’une grande beauté. Nous sommes surpris de voir autant de vaches au mètre carré dans un pré ! Du jamais vu en France… Nous nous arrêtons dans un champs depuis lequel une superbe vue de verdure à 360 degré s’offre à nous. quand nous voyons arriver sur son quad une solide jeune femme, en short et bottes, au sourire rayonnant.  

 Il est 8h30 et on invite Alice à prendre un café dans notre camping car. Elle accepte avec simplicité et nous voici serrés tous les 6 à l’arrière autour d’un bon petit déjeuner. Cette jeune éleveuse de 28 ans nous explique qu’elle se lève tous les matins à 4h00 pour s’occuper de la traite de ses 350 vaches. Ce  travail accompli, elle s’occupe ensuite de la vérification des points d’irrigation de ses champs ainsi que de la qualité de l’herbe dans laquelle paissent les bêtes afin de les changer de pré si besoin .

Alice nous invite à rentrer dans la prairie où est regroupé son cheptel et petit à petit, les vaches viennent près d’elle et de nous, et les enfants les caressent pendant un long moment. On sent un vrai attachement  d’Alice à ses bêtes. Elle nous dit qu’elle aime son métier mais ne nous cache pas que c’est très difficile. Le prix du lait s’étant effondré il y a peu de temps, elle travaille à perte cette année. Elle nous explique que chaque vache produit chaque jour environs 35 litres de lait. Sa ferme n’est pas « organique » mais elle essaie de ne pas utiliser trop de produits chimiques, antibiotiques et autres pour ses bêtes. Certaines maladies (notamment de peau) n’ayant pas de traitement, il est très difficile d’obtenir  le label « organic ».

Alice a déjà voyagé dans sa jeunesse, vu d’autres pays, ce qui donne à ses propos un côté très moderne, mais ne quitterait son « paradis vert » pour rien au monde !

La campagne est superbe…les dégradés de vert dans la lumière du matin sont magiques…Alice propose à Arthur de faire un tour avec son quad. Il est aux anges ! Avant de se dire au revoir, nous remplissons une bouteille de lait « frais » (avec un peu près un tiers de crème !) pour la route …un vrai délice ! 

Photos avec Alice, échange d’adresse internet(et Oui !!)…et nous voilà repartis.

Après quelques heures de route, nous nous arrêtons à nouveau, cette fois-ci devant une culture de kiwis de de poires. Cela fait plusieurs kilomètres que nous traversons des vergers entiers de fruits divers et variés, et nous apercevons régulièrement, en bord de route, des pancartes « pears » ou « apple »devant des petites échoppes proposant des sacs de fruits avec leurs prix…mais personne pour les vendre ! En effet, la confiance est totale et le consommateur se sert tout seul en laissant de l’argent dans une boite prévu à cet effet. Impensable en France…Encore moins à Marseille !!!

La cultivatrice, Maude, qui nous accueille, nous propose de nous faire visiter ses cultures de kiwis et pommes. Elle nous explique que cette année, 70% de sa récolte a été perdue, en partie à cause de la grêle. En effet, alors que la récolte (entièrement à la main) a déjà eu lieu, les poiriers regorgent des fruits qui n’ont pas pu être cueillis ! Et oui, la majorité de sa récolte étant destinée à l’exportation, les standards de « beauté » d’une poire  sont très exigeants et la moindre petite trace sur la poire l’empêche d’être vendue. Ce qui est vraiment dommage, c’est que toutes les poires restantes sur les arbres vont être gâchées car Maude n’a pas le droit de les vendre ou même de faire venir des gens pour les cueillir. La législation néo-zélandaise est redoutable à cet égard ,et ceci rend l’équation économique difficile ,les subventions ayant été réduites au cours des 5 dernières années.

 

Nous repartons de chez Maud (après qu’Arthur ait fait un petit tour de tracteur dans les champs de kiwis !) des paniers remplis de kiwis et de poires, de kumara (une sorte de patate douce locale)… ainsi que de lutabooop, un « nouveau » fruit, sorte de mélange de pomme et de poire mais qui n’est pas encore commercialisé. Elle refuse d’être payée  et après l’avoir chaleureusement remercié, nous remontons dans notre camping en essayant tant bien que mal de caser tous ces kilos de fruits !

Cette belle journée s’achève sur la côte ouest où nous trouvons une plage déserte pour dormir. Nous sommes seuls au monde et le bruit des vagues nous berce et le coucher de soleil est juste magnifique.

Nous sommes heureux de cette journée riche de rencontres…et de paysages sublimes…le voyage comme on l’aime !

Les étoiles peuplent le ciel à l’heure du coucher, et tout le monde s’endort tranquillement  pour recharger les batteries !

Sweet dreams…avant un lendemain grandiose J