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Le projet « petit déjeuner » du Bayon officiellement lancé le 24 octobre: les Mandray vous racontent!

Un an plus tard… dimanche 22 Octobre, nous voici de retour au Cambodge…

Fraichement débarqués sur le tarmac, c’est un ciel bleu et une chaleur écrasante qui nous accueillent quand nous foulons pour la seconde fois le territoire cambodgien . Nous avons la sensation d’arriver en terrain connu ! Nous nous sentons un peu chez nous dans cette petite ville de Siem Reap où nous avions découvert l’année dernière l’école du Bayon lors de notre tour du monde.

Nous retrouvons l’ambiance animée des rues avec ses échoppes ambulantes, ses marchands d’insectes grillés, ses tuk tuk, les fameuses motos à trois roues, colorés et pétaradant qui foncent pied au plancher, rasant au plus près tout ce qui se trouve sur leur chemin !

Mais nous retrouvons surtout la gentillesse incroyable des cambodgiens. Quel peuple attachant ! On comprend pourquoi on appelle le Cambodge « le pays du sourire ». Il n’y en a pas un qui nous répond sans un sourire, ou sans un bonjour de la main..

Notre hôtel est tout près des bureaux de l’association du Bayon où nous sommes accueillis comme des rois ! Nous retrouvons des bénévoles qui étaient déjà là l’année dernière, des éducateurs (dont Viseth grâce à qui le projet a  pu voir le jour) et faisons connaissance avec Charlotte et Baudouin qui viennent de « reprendre les rennes » de l’association.

 

Commence alors une semaine intense pendant laquelle nous allons lancer officiellement le projet « petit déjeuner » . Toute la famille est très excitée de concrétiser cette idée qui a germé il y a un an et pris forme petit à petit à travers les différentes conférences que nous avons animées à Paris ou Marseille. Nous avons la chance d’être accompagnés par la sœur de Philippe, son mari et leurs trois filles qui ont décidé de nous accompagner dans cette aventure !

Christine, la sœur de Philippe avec son mari, Etienne, et leurs trois filles, Paola, Clémence et Laura au Coffee Shop du Bayon.

Dès le lendemain matin, nous allons, avec Sokhi, l’une des assistantes sociales de l’association, à la rencontre des familles dont les enfants sont scolarisés à l’école du Bayon. Nous sommes également accompagnés par Vincent Robert, président …et véritable chef d’orchestre de l’association LE BAYON. Vincent oeuvre depuis 10 ans, avec sa dream team, entre la France et le Cambodge  pour améliorer pour  le quotidien de ces enfants du Bayon. Dynamique, généreux , efficace et determiné …Un sacré personnage !

Sokhi, une des assistantes sociale du Bayon

Vincent Robert, le président de l’association du Bayon

Les enfants, eux, partent en vélo à la rencontre des familles avec Viseth…

 Nous avions déjà rencontré des familles l’année dernière mais à nouveau, c’est une expérience très forte. Entre la connaissance intellectuelle de la pauvreté et le fait de la « vivre » en allant sur place, c’est très différent ! Nous sommes marqués par ces enfants livrés à eux-mêmes, parfois orphelins, qui n’ont rien pour vivre. Sales, dépenaillés, mal nourris, ils font peine à voir. Et pourtant, malgré cette immense pauvreté, ils sont d’un accueil incroyable.

 

Quel contraste le lendemain matin lors de la fête en l’honneur du premier petit déjeuner. Tous ces enfants sont impeccablement habillés en uniforme et coiffés et nous font une haie d’honneur pour accueillir tous les invités ! Tous nous disent bonjour avec le salut cambodgien (qui se fait en joignant les mains au niveau du torse). Ils ont  le sourire..

Cette journée de fête débute avec le lever des drapeaux : tous les élèves sont réunis dans la cour et deux d’entre eux sont désignés pour hisser le drapeau en chantant l’hymne national.

Puis c’est le moment des discours. En Asie, les cérémonies sont très protocolaires et il faut respecter un certain nombre d’usages. Vincent, Khong (le directeur de l’assocation), Philippe, Viseth et Clémentine font un discours sur le projet petit déjeuner, sa genèse, l’importance de pouvoir avoir un repas équilibré le matin…tout ceci est traduit en cambodgien.

Puis les élèves du grade 1 (les plus petits) nous chantent une chanson spécialement préparée pour l’occasion. Ils sont adorables.

Nos enfants et leurs cousines chantent à leur tour un chant en français !

Puis certains parents, ils ont tous été invités pour l’occasion, tiennent à nous remercier. Leurs témoignages sont très touchants.

Il est 9 heures quand nos enfants commencent la distribution du « premier » petit déjeuner aux 250 élèves de l’école du Bayon. Pour 92 % d’entre eux, c’est la première fois ! Au menu, lait de soja et pain brioché. Ils ont tout dévoré sans laisser une miette ! Tous les enfants remercient en faisant le salut cambodgien.

Nos enfants et leurs cousines prennent leur mission de distribution très à cœur et veillent à ce que chacun soit servi. Ils ont été très heureux de pouvoir contribuer à leur manière à ce projet.

C’est très émouvant de voir tous ces enfants faire la queue pour avoir leur briquette de lait et leur pain. Tous ces visages souriants, cette gaité, cet enthousiasme malgré leurs conditions de vie difficiles, c’est un vrai cadeau.

 Et derrière cette joie de voir les enfants commencer leur journée…normalement… nous goutons la « satisfaction » de voir se concrétiser la première étape de ce projet initié avec Viseth Songh, et Claire Buisson, ancienne directrice des programmes du Bayon avant Charlotte et Beaudouin.

Dans les jours qui ont suivi, nous sommes retournés à l’école pour aller dans les classes et passer un peu de temps avec les enfants. Avec Christine, Etienne et leurs filles, nous avions préparé des cahiers et des crayons de couleur que nous avons distribués dans les différentes classes.

Les enfants se sont liés d’amitié avec d’autres, ils ont joué avec eux pendant la récréation et ont donné un coup de main pour les visites médicales qui avaient lieu toute la semaine.

Les écoliers du Bayon ont un repas équilibré chaque jour à la cantine d’Elodie.

C’est le cœur un peu gros que nous avons quitté l’école à la fin de la semaine, heureux de cette semaine haute en couleurs.

Nous avons été séduit durant toute cette année et plus encore durant cette semaine par l’énergie, l’enthousiasme, et l’altruisme  de tous les membres de l’ONG, à taille humaine . Une vraie belle aventure !

Nous  remercions à nouveau tous les donateurs grâce auxquels tous ces enfants peuvent maintenant étudier le ventre plein le matin !

Pour ceux qui ont envie de faire un don ou de devenir parrain, c’est ici: https://www.helloasso.com/associations/l-ecole-du-bayon/formulaires/4

L’école du Bayon au Cambodge

Voilà maintenant presque sept mois que nous sommes rentrés à Marseille et,  notre voyage étant encore présent (en tout cas dans notre tête car le quotidien a maintenant repris ses droits!!), nous aimerions partager avec vous la très belle aventure que nous avons vécue au Cambodge.

Nous sommes donc mi-juillet et prenons quelques jours de break sur l’ile de Ko Chang en Thailand que nous sillonnons sous des trombes d’eau…La mousson ne nous laisse aucun répit !

Les enfants nous tannent pour rejoindre une association humanitaire car ils ont très envie de se rendre utile ! C’est à ce moment là que nous prenons contact avec Claire de l’association « école du Bayon  » au Cambodge, recommandée par notre ami Pascal (qui habite au Myanmar) et lui demandons dans quelle mesure nous pouvons venir découvrir l’école du Bayon ou même pourquoi pas donner un coup de main….même si nous sommes très conscients que ce n’est pas en quelques jours que l’on peut être utile!

Quelques minutes plus tard, Claire nous répond et nous propose un programme clé en main pour notre passage à Siem Reap, au Cambodge, où est située l’association. Toute la famille est très excitée de pouvoir découvrir cette association, faire la connaissance de Claire (qui nous plait déjà !) visiter l’école et rencontrer des enfants cambodgiens.

 

Claire avec nous au coffee shop du Bayon

Quelques mots sur cette association qui a vu le jour en 1996 :

Tout commence lorsque Marcel Bertaud, jeune niçois vivant à Tokyo, se lie d’amitié, lors d’un voyage au Cambodge avec un généreux bonze, qui accueillait et éduquait des enfants orphelins. La maladie l’emporte, trop jeune, en août 1996 et notre histoire commence. Marcel se sent investi d’une mission : continuer, voire amplifier l’action de son ami bonze. Il trouve alors des fonds, auprès de ses nombreux amis, collègues, relations et construit un bâtiment sur le terrain de la Pagode, avec l’accord des bonzes et le support de Mai, une amie cambodgienne.

L’École du Bayon est une association loi 1901 enregistrée en France qui finance aujourd’hui l’éducation de près de 250 enfants, de l’école primaire, située au sein d’une pagode proche du temple du Bayon, jusqu’au collège et lycée publics de Siem Reap, et pour certains jusqu’à l’Université ou formation professionnelle. L’école du Bayon a également ouvert, en septembre 2014, une formation professionnelle en pâtisserie réservée aux jeunes filles issues de milieux défavorisés.

 

Nous avons eu la chance de passer plusieurs demi-journées à l école primaire qui est située au sein de la pagode Preah Saar, au Sud du temple du Bayon. L’école étant située dans la zone des temples, il est plus facile d’accès pour les élèves que l’école de Siem Reap qui se trouve à environ 10 km de chez eux. La plupart des élèves vont à l’école à vélo.

L’école accueille 250 élèves du grade 1 à 6 et dispense donc tous les grades du cycle d’éducation primaire cambodgien. Les six professeurs suivent dans leur enseignement le programme officiel d’éducation cambodgien (langue khmère, maths, géographie, sciences, morale et sport) et depuis trois ans, les élèves profitent également d’une heure de langue anglaise par jour dès le grade 2.

Les moines de la pagode partagent l’enceinte de la pagode avec l’école, contribuant à leur manière à l’éducation de ces jeunes enfants. En retour, l’école leur offre du riz tous les mois et accueille les plus jeunes sur les bancs de l’école.

Lors de ces demi-journées passées avec les élèves du grade 4, 5 ou 6, nous avons eu l’occasion d’échanger avec eux sur leur quotidien, leur vision du monde, leurs envies pour plus tard . Nous leur avons posé les questions du questionnaire que l’on avait élaboré avant de partir et nous avons réalisé à tel point ces enfants venaient de milieux défavorisés, avaient une existence difficile, des responsabilités malgré leur jeune âge mais une joie de vivre malgré tout. La plupart de ces enfants sont plus ou moins livrés à eux-même et doivent s’occuper de leurs frères et sœurs et préparer le repas du soir pendant que leurs parents travaillent aux champs.

Au départ, on sentait une certaine réserve et même timidité chez ces élèves, peu habitués à la présence d’étrangers. Puis au fur et à mesure, grâce notamment à la présence de nos enfants, l’atmosphère s’est déridée et les réponses ont « fusé ». Quelle joie de pouvoir échanger avec ces écoliers du bout du monde !

Quand on a demandé aux élèves du grade 6 (entre 12 et 15 ans) quel métier ils avaient envie de faire plus tard, voici ce qu’ils ont répondu : professeur, docteur, guide touristique, vendeur, cuisinier, ingénieur avocat…Bref, une grande variété de réponses !

 

A la question « Si tu pouvais changer une chose dans le monde, ce serait quoi ? », les réponses furent :

  • arrêter la déforestation
  • arrêter d’utiliser des produits chimiques
  • réduire les accidents de la route
  • stopper la drogue et la guerre
  • arrêter de tuer et de chasser les animaux (en particulier les éléphants)
  • faire en sorte que tout le monde au Cambodge parle anglais

A la question : « Qu’est-ce que le bonheur pour toi ? »

  • Quand je joue au football avec mes amis
  • Quand je joue avec les amis et mes frères et sœurs
  • Quand j’écoute de la musique

A la question « Que fais tu après l’école ? »

  • Je nourris les cochons
  • Je fais la cuisine pour mes parents qui travaillent
  • Je garde mes frères et sœurs
  • Je fais mes devoirs
  • Je vais vendre des objets au marché de nuit
  • Je fais ma lessive et celle de mes frères et sœurs

A midi, ils déjeunent à la cantine de l’école, ce qui leur permet d’avoir un repas équilibré composé de légumes, riz et souvent poulet. C’est pour certains le seul repas équilibré de la journée, car beaucoup partent le matin le ventre vide, ce qui ne facilite pas l’apprentissage.

 

Nous avons pu échanger avec les enseignants de l’école, notamment Samoy, instituteur des grades 2 et 3, qui travaille depuis que l’école du Bayon a été créée, Sreyroth, la directrice de l’école ou encore Sroun, le professeur d’Anglais.

Le système éducatif cambodgien a encore beaucoup de progrès à faire : plus de 10% des enfants ne sont pas scolarisés aujourd’hui et plus de la moitié des enfants sont exclus de l’école avant d’avoir atteint un niveau d’alphabétisation suffisant pour sortir de la pauvreté. L’accès à l’éducation pour les jeunes filles est encore plus restreint puisque seulement 20% d’entre elles vont dans une école secondaire. De plus, les infrastructures sont mauvaises (15 000 salles de classe à rénover, 10 000 à construire) et les familles ont de plus en plus de mal à financer la scolarisation de leurs enfants. Source : Unesco.

L’école joue un vrai rôle en terme de prévention et d’hygiéne :

Comme les autres pays asiatiques visités, nous avons été surpris par la verticalité des relations entre les professeurs et les élèves . Le profond respect (qui n’existe plus trop dans nos écoles françaises !) se traduit par l’accueil du professeur par un « good morning Mister, how are you today ? » prononcé en chœur par les élèves. C’est la même chose pour les « visitors » que nous étions.

L’apprentissage se fait également de façon répétitif et les enfants apprennent beaucoup en récitant tout haut leurs leçons… Leur niveau académique est biensûr loin des petits écoliers européens, cependant nous avons été assez surpris par leur bon niveau d’anglais. Les filles ont participé à deux reprises au cours d’anglais, elles ont tenté de faire une dictée de mots…pas facile avec l’accent cambodgien complètement incompréhensible pour nous !

Au Cambodge aussi les garçons adorent jouer au foot!

Cet article sur Siem Reap ne serait pas complet sans vous parler de notre rencontre avec Viseth, un des travailleurs sociaux de l’école du Bayon. Viseth nous a accompagné tout au long de nos visites à l’école pour nous en expliquer le fonctionnement, nous traduire et nous présenter aux enseignants.

Viseth est le jeune homme que vous voyez à gauche d’Arthur..

Viseth  nous a également guidé à travers les villages dans lesquels vivent les familles des élèves du Bayon .

Ce sont des familles extrêmement pauvres, vivant de presque rien, avec parfois des grands parents qui élèvent les enfants dont les parents sont partis. On comprend aisément en traversant ces villages, que les cambodgiens les plus touchés par la pauvreté (un tiers de la population cambodgienne vit en-dessous du seuil de pauvreté) soient ceux qui vivent dans les milieux ruraux.

Comme souvent, à la campagne, les enfants sont exposés à la malnutrition et à des conditions de vie très difficiles. Dans ces villages, il n’y a pas d’accès à l’eau potable (environs 16% de la population dispose de l’eau potable) et de nombreux enfants meurent ainsi de maladie diarrhéique.

 

Grâce à Viseth, nous avons pu comprendre la réalité de la pauvreté du Cambodge et avoir un contact avec les familles dont les enfants sont scolarisés au Bayon. Viseth avait une très bonne connaissance de la situation de toutes ces familles et était très désireux de les aider.

Ce petit garçon coupe du bois pour faire du feu pour cuire le repas du soir…

Celui-ci fait cuire le riz car ses parents travaillent encore dans les champs

Nous avons passé d’excellentes soirées en compagnie de Claire qui nous a expliqué plus en détail le fonctionnement de l’association et avons eu beaucoup de plaisir profiter des petits restaus cambodgiens avec elle, sa bonne humeur et son enthousiasme!

Nous avons donc quitté Siem Reap avec des projets plein la tête….notamment financer des petits-déjeuners pour les élèves de l’école du Bayon qui partent travailler le ventre vide. …Affaire à suivre très prochainement!!

 

Ce séjour à Siem Reap a été également l’occasion de visiter les temps d’Angkor Vat, du Bayon et tous les temples alentours. Les enfants sont devenus incollables sur la mythologie indienne, les légendes du barratage de la mer de lait, les devas, asuras et autres divinités…

Le « whaou » des enfants, en dehors de la rencontre avec les écoliers du Bayon fut la visite de la ferme de crocodiles appartenant à Khong, le directeur du Bayon, et la naissance en directe d’un bébé crocodile ! Que d’excitation quand la bébé crocodile a pointé le bout de son nez hors de son œuf ! Les enfants étaient un peu moins enthousiastes lorsqu’on leur a proposé de manger de la viande de crocodile et des intestins de crocodile ! Tout le monde a goûté au premier mets..Quand au second, seul Philippe a été très courageux et a pu honorer les intestins grâce à des énormes quantités de piment pour faire passer tout cela ! De même que les  criquets, larves, scorpions et brochettes de serpent que seule Clémentine a eu le courage de goûter!! 

A très bientôt pour la suite de nos aventures avec l’école du Bayon…

Les Mandray…en direct de Marseille!

Deux jours de entre le lac Inle et Kalaw: l’effort, les paysages, les rencontres…ça, c’est la voyage!

Aujourd’hui , nous sommes heureux de repartir marcher car depuis notre dernier trek dans l’Est de Bali, nous n’avons pas marché au long cours !Tout le monde est partant et nous vous emmenons dans nos sacs à dos pour 2 jours  entre le lac Inle et Kalaw, en Birmanie, une randonnée de 50 kms qui traverse des villages des minorités ethniques encore préservés des montagnes ainsi que des paysages exceptionnels ! Le chemin le plus pratiqué (même si à cette saison, nous ne risquons pas de trouver la foule) étant de relier Kalaw au lac Inle, nous décidons de faire le chemin inverse.

Il est 7 heures du matin et, saison des pluies oblige, nous partons acheter une cape de pluie au marché de Nangshew avant de monter dans un tuk tuk pour 30 minutes de « tape fesse » sur une route bourrée d’ornières…un vrai supplice pour notre dos !

Le tuk tuk s’arrête dans un petit village où ses habitants nous accueillent en nous offrant une tasse de thé. Nous sommes touchés par leur gentillesse. Ils sont tous là autour de nous à nous regarder et tenter d’amorcer une discussion… . qui commence comme à chaque fois par : « one, two, three children ? » avant de chercher à les toucher, le mix cheveux blonds/yeux bleu ayant bonne presse !

Dès le démarrage, le chemin est tellement boueux que les enfants perdent plusieurs fois  leurs chaussures qui restent collées dans la boue !La température est chaude et l’air saturé d’humidité ce qui nous fait transpirer abondamment !

Les paysages sont extraordinaires…des dégradés de vert, de rouge, des contrastes magnifiques, des plantations diverses et variées (chili, pommes de terre, tapioca, mais…) et des paysans qui travaillent dans les champs.

Nous attaquons immédiatement avec une « bavante » de 500 m de dénivelé ce qui sera notre seule vraie montée, le reste du trek oscillant plus ou moins de 100 m versus ce point culminant proche de 1000m.Mais finalement les descentes s’avèreront beaucoup plus fatigantes car glissades et chutes seront légion.

Notre guide, Néné, est très jeune et n’a pas l’air très expérimenté alors que notre cuisinier pendant ces 2 jours, Moji, est adorable, il a un sourire jusqu’aux oreilles, est très patient et prévenant avec tout le monde. Il connait parfaitement le chemin (bien mieux que notre guide !) et nous a concocté une cuisine savoureuse et variée malgré les conditions plutôt spartiates.

Après quatre heures de marche, nous nous arrêtons pour le déjeuner dans un village où la spécialité est le tressage de panier. Partout dans le village, nous voyons des hommes, assis par terre, en train de découper des lanières de bambou avant de les tresser . Ils font preuve d’une dextérité incroyable. En une journée, ils font en moyenne quatre paniers, pendant que leurs femmes, elles, travaillent dans les champs.

Les enfants du village sont un peu surpris de voir des petits blonds (il faut dire qu’en un mois, nous n’en avons pas croisé un seul en Birmanie !) et ils se pressent autour de nous pour le plus grand bonheur de nos enfants qui jouent avec eux.

Après nous nous être régalés d’une noodle soup préparée par Moji, nous poursuivons notre route à travers les champs, les forêts, les vallées où les scènes de la vie paysanne nous réjouissent : des paysans en train de semer (mais souvent aussi de pulvériser des pesticides), des charrettes tirées par des buffles, des femmes assises à l’ombre d’un banian avec leur bébé dans les bras, des hommes sur des bœufs allant travailler sur leurs terres, d’autres coupant le blé avec une faux… A notre passage, les gens nous lancent gaiement des »Mingalaba » (bonjour en birman). Ils sont à chaque fois étonnés de voir des enfants et revient la même question : « one, two, three children ? »

Nous essuyons plusieurs averses avant d’atteindre le petit village de la tribu Pao dans lequel nous allons passer la nuit. Alors que nous n’avons croisé aucun touriste pendant la journée, nous rencontrons quelques randonneurs coréens avec lesquels nous partageons une bière….fraiche !! Une vraie surprise de trouver une boisson fraiche dans un village qui n’a pas l’électricité. Nous apprenons que c’est à dos de muffle que les pains de glace sont acheminés vers le village pour satisfaire les randonneurs de passage !

Vision étonnante de voir un berger au milieu de 100 chèvres traverser le village…avec le portable à la taille « crachant » de la musique que actuelle !

Nous passons la nuit chez une maitresse d’école avec laquelle nous sympathisons tout de suite. Cette mère de 6 enfants (ils sont déjà tous partis de la maison) accueille des randonneurs pour gagner un peu d’argent.

Nous nous régalons du diner préparé par Moji : pleins de petits bols remplis de légumes et de viande. Nous dinons, comme tous les birmans, assis par terre sur une petit table basse, à la lueur des bougies. L’ambiance est magique. On a l’impression de revenir au siècle dernier

Après ce bon diner, le guide nous propose de prendre une  douche qui consiste en une louche et une bassine d’eau froide…Courageux, les enfants se lavent….En ce qui concerne Marie, cela attendra une vraie douche !!

Nous montons dans notre chambre qui est en fait la pièce principale de la maison, celle où trône l’autel où se trouve bouddha. Nous nous endormons rapidement sur des paillasses avec des couvertures qui n’ont pas l’air de la première propreté ! Notre hôte nous explique qu’il faut dormir la tête du même côté que celle de Bouddha.

Le lendemain, lever à 5 heures du matin car la journée va être très longue ! En effet, on a décidé de faire le trek en 2 jours et non en 3 comme la plupart des randonneurs. On a donc 28 kilomètres à parcourir aujourd’hui. La matinée est remplie de magnifiques panoramas et de scènes rurales. Nous nous arrêtons dans une école de village. Les enfants sont dans la cour, en cercle en train de faire une partie de « pêcheur », certains plus âgés travaillent dans le bâtiment central, d’autres révisent tout haut leur leçon. Nous discutons avec le directeur et les enseignants qui nous accueillent très gentiment, avant de reprendre notre route.

Des femmes de la tribu Pao, que l’on reconnait facilement grâce à leur tissu de couleur vive noué sur la tête à la façon d’un turban, nous suivent un moment et lorsque nous nous arrêtons devant une petite échoppe pour acheter un petit snack, nous offrons à chacune un paquet de gâteau…Elles sont ravies ! Nous tentons de discuter avec elles, pas simple mais on arrive quand même à communiquer ! Le sourire en bandoulière…

Il est 13h30 et notre guide nous annonce encore 1 heure avant de pouvoir déjeuner…les enfants sont fatigués, le soleil, qui est revenu après la pluie, est accablant. Une fois de plus, les enfants nous surprennent par leur capacité à s’adapter !

On nous propose de faire la dernière partie du trek en tuk tuk , mais les enfants refusent !! Ils veulent aller jusqu’au bout…comme leur mère !

Quand nous arrivons enfin à Kalaw,3 h plus tard, nous sommes fatigués mais tellement heureux. Ces rencontres multiples, ces paysages nous ont remplis de joie. Nous réalisons la chance que nous avons eu de pouvoir partager avec ces villageois tellement préservés de l’agitation du monde moderne, quelques instants simples et authentiques. On a l’impression d’avoir voyagé dans le temps, 100 ans en arrière dans ces villages birmans. Hormis le téléphone portable que beaucoup de villageois possèdent, rien d’autre dans leur mode de vie ne fait penser au monde moderne. Pas d’eau courante, pas d’électricité, des conditions de vie très rudimentaires, une façon de vivre encore traditionnelle…mais une joie de vivre et une gentillesse sans pareil !

Nous terminons dans une petite auberge ou nous sommes seuls !Le soir, dîner de fête ce qui veut dire fanta pour les enfants et bouteille de vin local pour nous ( !) pour agrémenter un repas bien local !Il y a beaucoup de bruit à l’étage et nous montons en haut et tombons sur une fête de mariage. En nous voyant arriver, ils nous invitent à festoyer avec eux. Clémentine chante la chanson de Louane  » Mes chers parents, je vole  » avant que Philippe n’invite la mariée à danser. Grosse ambiance. On évite tout juste la mixture alcoolisée qui ne me dit rien qui vaille …

De retour à notre auberge, nous trouvons Sam, le fils du patron la guitare à la main en train de gratter quelques accords. Nous discutons un peu avant d’attaquer les grands classiques Elvis ,Beach Boys, Elton John….et David Guetta. Nous chantons à tue-tête alors que Sam joue en regardant les partitions sur…son téléphone portable ! On a coutume de dire que la musique adoucit les mœurs…j’en suis personnellement persuadé !

Quelle journée. Une fois de plus, je suis admiratif des enfants, de Marie… car ces 2 journées ont été harassantes, rendues difficiles par les conditions qui n’ont pas été sans nous rappeler la descente du Cerro Chato au Costa Rica où nous avions pensé finir en bonhommes de boue !

Mais quelle beauté et quel plaisir de cheminer tous les cinq sur ces sentiers avec « Big Brother » en compagnon de route !

A refaire sans modération….

Sur les bords du lac Inle, trésor de la Birmanie

Festonnée de villages sur pilotis, de temples bouddhiques, de jardins et marchés flottants, le lac Inle situé à l’ouest du pays Shan, nous a offert de magnifiques paysages et rencontres.

Après un voyage en bus depuis Yangoon un peu fatigant (arrivée à 4H00 sur place après 10h de bus !), nous prenons un petit déjeuner couleur locale local à Nyang Schwe avant de trouver une petite hospedadge toute récente… où nous sommes seuls.

Ils nous prêtent 5 vélos, et nous sillonnerons durant les 5 jours qui suivent les sentiers alentour nous permettant une immersion totale dans ce petit coin de paradis !

Et oui, c’est bien la saison des moussons en Birmanie!

Nous vivrons entre autre une expérience unique avec le festival annuel pour les moines des 17 villages autour de Niang Schwe.

Une fois par ans, les gens de ces villages se retrouvent pour une fête champêtre dont l’objectif est de faire des donations pour ces moines, manger, écouter quelques lectures…et repartir chez eux.

Nous arrivons sous un déluge et sommes accueillis sous une pagode où se tiennent une centaine de femmes…et quelques hommes recevant les offrandes .Seuls européens de l’assistance, nous sommes encerclés et commençons à échanger avec les quelques mots du Lonely Planet qui font guise de premiers contacts (après les sourires de rigueur !) en essayant de se faire comprendre au-delà des quelques mots basiques de politesse !

 

Les femmes veulent toucher la peau et les cheveux des enfants fascinés par le mix blonds/yeux bleus. Puis nous sommes invités à déjeuner et là 100 personnes nous scrutent pour voir nos réactions devant les quelques mets proposés dont certains ne semblent pas avoir de nom !

Nous sommes un peu surpris d’être regardés, scrutés de la sorte. Cela nous rappelle, Marie et moi, des expériences similaires il y a 13 ans lors e notre première boucle en Birmanie, avec une différence de taille….A l’époque, c’est nous qui prenions les photos, maintenant, ce sont eux qui prennent les caucasiens en train de manger !!

A cet égard, les 2 moines nous poursuivant, au moment de notre départ…avec des i phone 6 pour prendre des photos…en disent long sur le contraste entre un pays qui s’ouvre enfin via les communications modernes…mais qui reste encore très traditionnel.

Le lac Inle donc…est le  principal intérêt de la région reste le lac, et la vie qui s’y développe . A bord d’un bateau traditionnel à fond plat (mais quand même motorisé), nous avons découvert des villages flottants réputés chacun pour des activités bien précises : ateliers de tissage, poterie, confection de cigares, fabrication d’ombrelles en papier, ou encore de bateau.

Comme le tissage, la fabrication de cigares birmans sur le Lac Inle emploie principalement des femmes. L’atelier de fabrication artisanale de cigares se situe à Nampan sur la rive est du Lac Inle. On y fabrique des cheroots, c.à.d. des cigares coupés aux deux extrémités, de différentes dimensions. Le filtre à l’une des extrémités du cigare est fait à base de cosses sèches de maïs.

Fabrication de bateau à fond plat utilisés par les pêcheurs du lac Inle

Dans ces ateliers de tissage, les métiers a tisser sont manuels et les femmes tissent du coton ou de la soie pour faire des longyis, des sarongs ou des tuniques

Une originalité du tissage local est le tissage des fleurs de lotus, plus exactement des fibres de la tige de ces fleurs. Comme vous voyez sur la photo, on brise la tige de ces fleurs, puis étire, entrelace et tisse ses fibres. Celles-ci sont teintées ou gardent leur aspect naturel.

Il est possible de découvrir, dans la région du lac Inlé, un artisanat d’une grande délicatesse : la fabrication d’ombrelles en papier. Ces artisans sont de véritables artistes. D’abord, ils fabriquent le papier à partir d’un mélange d’écorce et de glaise, qu’ils travaillent longuement et font ensuite sécher au soleil. Le montage du papier se fait sur une tige de bambou et des baleines en bois.

On fabrique le manche avec un ressort en bambou flexible et la dernière étape consiste à coller des décorations (généralement des fleurs en papier)

Dans le village de poterie, nous avons été particulièrement touchés par notre rencontre avec Tin La, cette potière birmane de 40 ans, veuve depuis l’âge de 22 ans avec ses deux petites filles. Après nous avoir expliqué et montré comment elle fabriquait ses pots, Tin La nous a invité dans sa maison. Elle était un peu gênée par l’aspect rudimentaire des lieux  et n’arrêtait pas de nous dire :« no good no good ! ». Comme dans toutes les maisons birmanes, les pièces à vivre sont à l’étage, le rez-de-chaussée étant réservé au stockage des aliments. Dans la pièce principale qui sert de salle à manger, salon et cuisine, trône un petit autel contenant une statue de bouddha tandis que la pièce attenante comprend des nattes en paille faisant office de matelas et des couvertures. En Birmanie, plusieurs générations  vivent sous le même toit et tout le monde (parents, enfants, grand-parents) dorment ensemble.

A l’aide d’un vieux dictionnaire anglais-birman, nous arrivons à communiquer avec Tin LA qui nous raconte son quotidien pas toujours facile ! Nous sommes touchés par son histoire et restons un bon moment ensemble. C’est d’ailleurs incroyable de voir à quel point on peut entrer dans l’univers des gens, parfois sans même comprendre un mot pour peu qu’on soit à l’écoute et qu’on prenne le temps.

En quelques minutes, Tinla nous a façonné une dizaine de pots et a proposer aux enfants de s’essayer à la poterie…Ils n’en revenaient pas d’avoir pu, grâce au tournage, fabriqué eux aussi des pots si facilement!

Après la cuisson dans un four artisanale sous la terre, les pots sont peints à la main

Chambre à coucher qui accueille toute la famille

Voici la pièce à vivre où trône l’autel dédié à Bouddha

Et enfin la cuisine…assez éloigné des standards européens!

Avec ses canards sauvages et ses hérons qui voguent en file indienne sur ses eaux peu profondes, le lac Inle accueille le peuple intha dans ses villages flottants. Les pêcheurs dont la particularité est de pagayer avec le pied, utilisent une technique assez particulière qui consiste à taper avec une rame sur l’eau pour faire venir les poissons. Autrefois, ils utilisaient des sortes de cages mais cette technique semble aujourd’hui abandonnée.

Quand on se promène sur les eaux du lac, on comprend son importance pour les habitants intha : ils se déplacent grâce à l’eau, se lavent avec, y font la vaisselle, cultivent leurs jardins flottants. Les fermiers font pousser des fleurs, tomates, courges et autres fruits et légumes sur de longs treillis en bois soutenus par des tapis flottants de végétation et ils récoltent leur culture en pirogue .

Malheureusement la surface du lac diminue à une vitesse alarmante à cause de l’augmentation de la population et du développement du tourisme et de l’agriculture. De même, la pollution est en train de mettre en péril ce joyau de la Birmanie : en effet, l’utilisation par de nombreux engrais chimiques et pesticides qui finissent dans le lac, le déversement des eaux usées et les fuites d’essence des moteurs contribuent à polluer les eaux dans lesquelles les habitants des villages continuent de se baigner. C’est  ainsi que les poissons disparaissent au fur et à mesure que les jardins se développent.

Le lac Inle, ce fut aussi la rencontre avec Piu Piu. En Birmanie, les prénoms sont souvent composés de doubles syllables : Piu Piu, Nini, Lele, Soso, Nini, Lala !!

Agée de 28 ans, Piu Piu élève seule ses deux petits garçons, son mari l’ayant abandonné il y a quelques années. Pour s’en sortir, elle cumule un travail de guide touristique et de travail dans le SPA d’un hôtel. Piu Piu était la gentillesse même, d’une aide et d’une générosité incroyable. Les enfants se sont pris d’affection pour elle et nous avons passé des bons moments avec elle et sa famille.

Nous avons eu aussi la chance de voir Pascal ,Caroline et Jonah nous rejoindre pour partager 2 jours sur le lac. Les  enfants se sont régalés entre eux et nous avons pu à la fois découvrir, visiter et prendre du bon temps autour d’un verre de vin. Parenthèse enchantée et bonheur d’avoir des potes avec qui on peut connecter-ou reconnecter- aussi vite et aller à l’essentiel.

Nous avons rencontré les « femmes-girafes » de l’ethnie Padaung qui semblent issues d’un autre temps. Si la tradition de porter des anneaux autour du cou dès le plus jeune âge, et d’ajouter un cercle supplémentaire à l’ensemble tous les ans jusqu’à l’âge adulte, tend à s’estomper, certains villages continuent de suivre cette pratique, dans un but notamment touristique. Nous n’avons pas échappé à cette visite touristique mais cela nous a permis de discuter avec ces femmes, notamment les plus jeunes d’entre elles qui continuent, pas choix, à porter les anneaux (presque 10 kilos).D’un point de vue éthique, nous avons beaucoup hésité avant de faire un stop au magasin flottant des femmes girafes ( nous ne voulions pas cautionner le côté « bête de cirque ») Puis nous nous sommes dit que c’était une bonne façon de participer à l’essors de ces femmes qui ont des moyens de revenus très limités et ne vivent que du tourisme et de la vente de leur artisanat fait main.

On a ensemble rencontré Arno, un jeune suisse valesan de 28 ans, Général Manager  du Viewpoint and Fine Cuisine, un charmant hôtel situé dans le petit village de Nangswee tout près du lac. Arno, avec qui on a tout de suite sympathisé, nous a offert une nuit dans un de ses lodges donnant sur un petit lac parsemé de fleurs de lotus…magnifique !

Aimant relever des défis, Arno nous a quand même préparé une fondue suisse, ce qui est assez improbable au fin fond du Myanmar et organisé un  mémorable karaoké …sans oublier les parties de Uno endiablées !

Philippe improvise une petite balade en barque dans les fleurs de lotus du Viewpoint Hotel, sous les yeux médusés des employés de l’hôtel..

Remplis de ces belles rencontres, nous avons quitté le lac Inle en direction de Kalaw pour un trek de 2 jours à la découverte des tribus pao des montagnes. Prochain article à suivre …

Quand la Birmanie s’éveille

On avait adoré le Myanmar (on aime tellement parler de Birmanie, symbole de plus de libertés…) il y a treize ans…même si le pays était encore sous le joug de la junte militaire qui l’a appauvri et isolé  durant cinquante ans . On s’était juré de revenir …pensant que le temps finirait par laisser la démocratie s’installer petit à petit.

Alors, bien sûr, il y a encore beaucoup de chemin à parcourir et certaines attitudes témoignent encore de la dictature passée (voir article sur l’école de Nyaung Shwe !), mais le pays s’éveille… Les investisseurs étrangers s’y précipitent, les hôtels poussent comme des champignons, les ventes de téléphones portable explosent.

Aujourd’hui, le Myanmar, telle la prophétie de Kipling il y plus d’un siècle, surprend encore les voyageurs que nous sommes car il ne ressemble à aucun autre.

Pour autant, ce développement rapide et tous les changements qu’il implique n’a affecté en rien l’authenticité de ce pays et le mode de vie encore très traditionnel de ses habitants.

A Yangoon, les premières enseignes internationales font leur apparition. Ici le KFC côtoie un temple.

Les hommes portent encore des longyi (sorte de sarong) dans lesquels ils coincent dans le dos leurs téléphones portables !

Les femmes et les enfants s’ornent le visage de Thanaka, une pâte jaune qui provient de l’écorce d’un arbre et qu’ils appliquent en rond sur leurs joues et leurs fronts pour se protéger du soleil.

Les hommes et les femmes âgées mâchent des noix de betel qui leur rend les dents rouges et qu’ils mastiquent des heures durant, en recrachant régulièrement un liquide rouge sang qui colore les routes de multitude de petites tâches rouges.

Ce stand de rue vend des petits paquets déjà préparés : une feuille de bétel badigeonnée d’un jus blanc à base de chaux qui sert à envelopper des morceaux de noix d’Arec. Les habitués y rajoutent parfois une feuille de tabac, du citron, de la noix de coco ou une graine de cardamone suivant les goûts de chacun. Il n’y a plus qu’à mettre ce petit paquet dans la bouche, le caler entre la joue et les gencives et mastiquer ça pendant quelques minutes ou plusieurs heures. Comme les feuilles de coca en Amérique du Sud, le Bétel a des effets de coupe-faim et de stimulant.

La Birmanie, c’est aussi le haut lieu du bouddhisme. Pagodes et stuppas jalonnent le paysage tandis que moines et nonnes défilent sur les routes en portant des bols pour recueillir les offrandes de riz et de nourriture qui leur permettront de manger.

A Yangoon, la Paya Schwedagon, l’un des sites les plus sacrés du bouddhisme, est impressionnante avec ses tonnes de feuilles d’or et ses milliers de diamants !

Nous y sommes restés trois heures sous un soleil de plomb et malgré l’heure plutôt matinal (8h), il était difficile de marcher sur le sol qui nous brûlait les pieds (il est obligatoire de se déchausser dans tous les pagodes). Les enfants ont malgré tout été très attentifs à tout ce que nous apprenait notre guide. Ils se sont prêtés de bonne grâce à une séance photos demandé par des touristes birmans (et oui, c’est un peu le monde à l’envers !) et toute la famille s’est initiée au rite bouddhique consistant à verser de l’eau (autant de fois  que son âge…autant dire que cela a pris pas mal de temps pour Phil et moi !) sur le bouddha correspondant à son jour de naissance.

Les marchés colorés de Yangoon nous ont permis de découvrir des fruits qui nous étaient inconnus jusqu’à maintenant et d’échanger avec les locaux. Génial…

A Yangoon, nous sommes allés chez des très bons amis qui viennent de s’installer là-bas : Pascal, Caroline et Jonah, leur petit garçon de 4 ans nous ont reçu comme des rois dans leur magnifique maison (encore mieux qu’un hôtel 5 étoiles !!) Cela nous a permis de nous poser et de partager de belles tranches d’amitié. L’anniversaire de Pascal dans le dernier bar branché de Yangoon a été l’occasion de rencontrer d’autres expats récemment installés et de réaliser que beaucoup de choses s’y passaient…Yangoon ? the place to be !!!

Les enfants avec l’adorable petit Jonah

Dans le train de la « circle line » qui fait le tour de Yangoon, à environs 20 kms/heure! Un bonne façon de découvrir les quartiers périphériques de Yangoon.

Beaucoup de vie et de pauvreté tout autour de cette circle line..

Une glace offerte par Pascal…c’est la fête chez les Mandray

Séance photo avec Caroline!!

Difficile de résumer le Myanmar tant nous avons été séduits par la richesse des paysages, la gentillesse des gens, et le contraste entre l’état de pauvreté général du pays et les capacités de développement (croissance à près de 2 chiffres sur les 3 dernières années !).

Un vrai coup de cœur pour enfants et parents. Un seul conseil :FONCEZ  Y !!

 

A la rencontre des agriculteurs kiwis…

Il est 7 heures du matin et, à peine réveillés, nous partons à la recherche d’un bel endroit pour prendre le petit déj… C’est l’avantage d’avoir un camper van !! La lumière rasante du matin est sublime et la campagne que nous traversons est d’une grande beauté. Nous sommes surpris de voir autant de vaches au mètre carré dans un pré ! Du jamais vu en France… Nous nous arrêtons dans un champs depuis lequel une superbe vue de verdure à 360 degré s’offre à nous. quand nous voyons arriver sur son quad une solide jeune femme, en short et bottes, au sourire rayonnant.  

 Il est 8h30 et on invite Alice à prendre un café dans notre camping car. Elle accepte avec simplicité et nous voici serrés tous les 6 à l’arrière autour d’un bon petit déjeuner. Cette jeune éleveuse de 28 ans nous explique qu’elle se lève tous les matins à 4h00 pour s’occuper de la traite de ses 350 vaches. Ce  travail accompli, elle s’occupe ensuite de la vérification des points d’irrigation de ses champs ainsi que de la qualité de l’herbe dans laquelle paissent les bêtes afin de les changer de pré si besoin .

Alice nous invite à rentrer dans la prairie où est regroupé son cheptel et petit à petit, les vaches viennent près d’elle et de nous, et les enfants les caressent pendant un long moment. On sent un vrai attachement  d’Alice à ses bêtes. Elle nous dit qu’elle aime son métier mais ne nous cache pas que c’est très difficile. Le prix du lait s’étant effondré il y a peu de temps, elle travaille à perte cette année. Elle nous explique que chaque vache produit chaque jour environs 35 litres de lait. Sa ferme n’est pas « organique » mais elle essaie de ne pas utiliser trop de produits chimiques, antibiotiques et autres pour ses bêtes. Certaines maladies (notamment de peau) n’ayant pas de traitement, il est très difficile d’obtenir  le label « organic ».

Alice a déjà voyagé dans sa jeunesse, vu d’autres pays, ce qui donne à ses propos un côté très moderne, mais ne quitterait son « paradis vert » pour rien au monde !

La campagne est superbe…les dégradés de vert dans la lumière du matin sont magiques…Alice propose à Arthur de faire un tour avec son quad. Il est aux anges ! Avant de se dire au revoir, nous remplissons une bouteille de lait « frais » (avec un peu près un tiers de crème !) pour la route …un vrai délice ! 

Photos avec Alice, échange d’adresse internet(et Oui !!)…et nous voilà repartis.

Après quelques heures de route, nous nous arrêtons à nouveau, cette fois-ci devant une culture de kiwis de de poires. Cela fait plusieurs kilomètres que nous traversons des vergers entiers de fruits divers et variés, et nous apercevons régulièrement, en bord de route, des pancartes « pears » ou « apple »devant des petites échoppes proposant des sacs de fruits avec leurs prix…mais personne pour les vendre ! En effet, la confiance est totale et le consommateur se sert tout seul en laissant de l’argent dans une boite prévu à cet effet. Impensable en France…Encore moins à Marseille !!!

La cultivatrice, Maude, qui nous accueille, nous propose de nous faire visiter ses cultures de kiwis et pommes. Elle nous explique que cette année, 70% de sa récolte a été perdue, en partie à cause de la grêle. En effet, alors que la récolte (entièrement à la main) a déjà eu lieu, les poiriers regorgent des fruits qui n’ont pas pu être cueillis ! Et oui, la majorité de sa récolte étant destinée à l’exportation, les standards de « beauté » d’une poire  sont très exigeants et la moindre petite trace sur la poire l’empêche d’être vendue. Ce qui est vraiment dommage, c’est que toutes les poires restantes sur les arbres vont être gâchées car Maude n’a pas le droit de les vendre ou même de faire venir des gens pour les cueillir. La législation néo-zélandaise est redoutable à cet égard ,et ceci rend l’équation économique difficile ,les subventions ayant été réduites au cours des 5 dernières années.

 

Nous repartons de chez Maud (après qu’Arthur ait fait un petit tour de tracteur dans les champs de kiwis !) des paniers remplis de kiwis et de poires, de kumara (une sorte de patate douce locale)… ainsi que de lutabooop, un « nouveau » fruit, sorte de mélange de pomme et de poire mais qui n’est pas encore commercialisé. Elle refuse d’être payée  et après l’avoir chaleureusement remercié, nous remontons dans notre camping en essayant tant bien que mal de caser tous ces kilos de fruits !

Cette belle journée s’achève sur la côte ouest où nous trouvons une plage déserte pour dormir. Nous sommes seuls au monde et le bruit des vagues nous berce et le coucher de soleil est juste magnifique.

Nous sommes heureux de cette journée riche de rencontres…et de paysages sublimes…le voyage comme on l’aime !

Les étoiles peuplent le ciel à l’heure du coucher, et tout le monde s’endort tranquillement  pour recharger les batteries !

Sweet dreams…avant un lendemain grandiose J

5 semaines à travers la Nouvelle Zélande…en images

La Nouvelle Zélande est un pays lointain qui fait rêver. On l’appelle le pays du  long nuage  blanc, « Aotearoa » en maori. Perdu au cœur du Pacifique, ce bout du bout du monde  nous a offert des paysages à couper le souffle : glaciers,  fjords, volcans (dont certains encore en activité), reflets des montagnes enneigées dans les lacs, forêts de fougères géantes, plages désertes… Rarement nous avons été aussi comblés par une telle beauté sauvage.

Mais la Nouvelle Zélande, c’est aussi un peuple qui est parmi les plus accueillants du monde, une culture maori parfaitement intégrée dans la société, une faune et une flore d’une richesse incroyable (beaucoup sont endémiques), et bien sûr…les all blacks !

Voici un  aperçu en quelques clichés de nos 5 semaines au pays des kiwis :

Rotorua connu pour son activité volcanique, ses geysers, ses piscines de boue brûlante et son odeur de soufre. 10% de la production néo- zélandaise d’électricité vient de l’exploitation de la géothermie….chiffre qui devrait encore augmenter et cette région est de loin  la plus contributrice du pays. En effet, le pays est soumis à une très forte activité géothermique dû à son chevauchement entre les plaques pacifique et australo indienne (tremblements de terre, tsunamis, éruption volcaniques…).Une vraie leçon de géologie pour les enfants …par ailleurs Rotorua est le berceau des maoris avec plus de 30% de la population maori (voir article d’Arthur sur notre soirée avec les maoris et le fameux haka) :

Tongariro National Parc : un des plus vieux parcs nationaux du monde qui abrite plusieurs volcans dont certains encore en activité. Le magnifique trek « Tongariro alpin crossing » de 8 h de marche  nous a permis de monter jusqu’au cratère du volcan et d’admirer ses lacs bleus émeraude. Nature sauvage avec départ sous une pluie diluvienne et fin dans une jolie forêt avec un soleil généreux.

 

Le Parc Abel Tasman (du nom du célèbre aventurier néo-zélandais qui a découvert l’Ile du Sud en 1642) : avec ses plages de sable fin orangé, sa mer transparente, ses forêts de hêtres qui s’étendent jusqu’à la mer, c’est un véritable paradis terrestre peuplé de dauphins et d’otaries qui ont élu domicile sur ses rochers. La randonnée de 26 kms que nous avons faite nous a transporté dans un univers de beauté sauvage et très diversifiée. Nous avons enjambé des cours d’eau, serpenté au milieu des fougères et des wekas (sorte de poule d’eau), traversé des clairières, longé des plages désertes (pas tout à fait, car il y avait de nombreuses otaries !), le tout sous un soleil magnifique. Une de nos plus belles randonnées entre 2 nuits dans des endroits isolés près de la mer. Une merveille dirait les mauriciens !

Le Milford Sound : certains disent que c’est le plus beau fjord du monde avec ses centaines de cascades , et ses dauphins et otaries. Malheureusement, le jour où nous y étions, nous avons absolument rien vu !! Cette région du Fjorland est l’une des plus humides du globe (il y tombe 7 mètres de pluie chaque année), et c’est rare d’avoir un grand ciel bleu. Mais bon, ce jour là, on n’a vraiment pas eu de chance car la visibilité était quasiment nulle. Cela ne nous a pas empêché de profiter d’une magnifique route sous le soleil jusqu’à ce que nous basculions sur le Milford Sound… et apercevoir des kéas, les seuls perroquets de montagne censés être les plus intelligents du monde .

Nous avons longé le magnifique lac Pukaki et effectué une petite randonnée jusqu’au pied du Mont Cook (1218 m) où nous avons emprunté deux ponts suspendus pour franchir les rivières formées par la fonte des glaciers. La vue sur ceux-ci était imprenable et on ne savait plus où regarder tant la beauté de la nature était omniprésente. Glacier pas très haut (à moins de 4000) mais technique que mon doux/dingue de mari aurait bien aimé gravir. Une autre fois…

Nous avons eu un véritable coup de cœur pour la petite ville de Wanaka dont la splendeur nous fut révélée par ses couleurs d’automne. Nous y sommes arrêtés quelques jours, le temps que Clémentine souffle ses 10 bougies et qu’on profite d’une magnifique balade en vélo le long du lac sur un tapis de feuilles orangées déposées par le vent ainsi qu’une superbe balade à 1500 m au dessus du lac sans voir âme qui vive. Génial !

Les « Pancakes Rocks » : ces falaises qui surplombent la mer sont constituées de dizaines de couches de calcaire dont la plupart n’ont que quelques centimètres d’épaisseur. Trente millions d’années … C’est le temps qu’il aura fallu pour donner naissance à ces falaises ! L’érosion a sculpté le paysage mais cela n’explique pas tout…un partie du phénomène reste sans explication scientifique.

Kaikoura : Clémentine a écrit un article sur notre aventure en bateau qui nous a permis d’apercevoir une baleine !

Mais la Nouvelle Zélande, c’est surtout…des prés verts qui contrastent avec le blanc des moutons, sans oublier les vaches et les cerfs qui ne sont pas en reste !

Difficile donc de résumer 5 semaines en quelques lignes…dans un pays riche, développé, ou la nature, la mer… et son respect… sont plus qu’un art de vivre.

 Nous nous sommes régalés :

– des bivouacs magiques dans les lieux les plus reculés de la planète

 -des marches dans des environnements naturels et si préservés

-des paysages à couper le souffle partout dans le pays…mais avec un coup de cœur pour l’Ile du Sud

-de la culture maori qui reste une réalité avec une volonté jusque dans les sphères du pouvoir de la respecter et l’ intégrer dans le fonctionnement du pays.

-des animaux aperçus par centaines que ce soit sur terre ou sur mer. Un zoo géant !

-de la mer, omniprésente pour notre plus grand bonheur.

-L’expérience du camping-car… à la fois excitante et fatigante pour chacun. Pas simple après 4 mois de vie à 100% les uns sur les autres …de le faire dans 7 m2.Ecole de vie que nous racontons dans un article spécifique mais qui a accru encore notre volonté/capacité de mieux vivre ensemble.

 

New Zealand for ever !

Il faut sauver les baleines

Je me suis toujours dit qu’il fallait sauver les baleines et les protéger car elles sont en voie d’extinction. Mais avant de me lancer dans ce projet, peut-être serait-il nécessaire d’en avoir déjà vu une, non ? Alors après avoir soufflé mes 10 bougies à Wanaka en Nouvelle Zélande et avoir été gâtée par ma famille, avoir eu mes amies au téléphone, et avoir fait du vélo près d’un lac à l’eau cristalline entouré d’arbres aux couleurs d’automne, nous sommes donc partis de Wanaka le jeudi 28 avril au matin. Direction Christchurch.

Nous avons longé une route magnifique avec deux lac à l’eau si transparente qu’on aurait dit qu’il n’y en avait pas en faisant un petit détour par une aire de jeux ou nous avions pu profiter parents et enfants d’une tyrolienne gratuite (pour une fois). Nous sommes arrivés à Christchurch (une ville détruite par le tremblement de terre de 2011) ou nous attendait un colis contenant des manuels d’école et une liseuse pour Maman qui était dans le sac volé au Chili à Santiago. Après avoir récupéré le carton, nous nous sommes dirigés vers la petite ville toute tranquille de Kaikoura ou nous allions vivre une expérience inoubliable le lendemain.

Vendredi 29 avril Ce matin, nous nous sommes préparés à la hâte pour notre tour de bateau qui était prévu à 10 heures 30. A peine avons-nous démarré que tout le monde(beaucoup de japonais surtout) avait déjà le mal de mer. Le FAST BOAT tanguait si fort que quelques fois, on sautait sur place ! Nous avons fait un grand bout de route quand soudain, le capitaine du bateau a annoncé dans le micro : « Nous nous rapprochons d’une zone ou les chances sont de quatre vingt dix neuf pour cent de voir des baleines.  Vous pouvez sortir du bateau pour prendre des photos. » (Bon, sur le moment, y avait pas grands chose à voir si ce n’est une étendue d’eau magnifique entourée de montagnes à la neige éternelle, ce qui aurait pu être une photo de carte postale).

Nous sommes donc sortis sur le ponton du bateau et pendant au moins 45 minutes, nous avons attendu l’arrivée spectaculaire d’une baleine. Le capitaine du bateau mettait un drôle de micro dans l’eau pour capter le chant des baleines.

Après presque une demi heure d’attente, une bosse bleu foncé apparut à la surface de l’eau.  On vit le jet de la baleine (qui peut atteindre jusqu’à deux mètres). Nous avons vu le dos de la baleine pendant à peu  près sept minutes, en admirant ses jets d’eau très puissants. Puis nous avons entendu dans le micro : « Here we go ! » ( ce qui veut dire c’est parti.) avant que le capitaine n’ajoute : « préparez vos caméras, la baleine va replonger et vous allez pouvoir voir sa queue sortir de l’eau. « Et effectivement, nous avons vu la magnifique queue de l’énorme mammifère jaillir de l’eau  pour replonger quelques secondes après. Nous étions tous émerveillés par ce qu’on venait de voir. Une baleine !!!

Incroyable surtout de voir la precision avec laquelle l’Homme peut « maitriser » l’animal.99% de chance de voir une baleine alors qu’il n’y en aurait plus que 2500 à 3000 dans cette région du monde! En tout cas,our revenir au titre de mon article ,il faut tout faire pour sauver ces mammifères!

Le bateau  remis le moteur  et vogua sur l’eau pendant un quart d’heure. L’engin était très bien équipé contre le mal de mer. Une dizaine de petits sacs en papier était empilés dans une pochette en tissu qu’on pouvait saisir à tout moment en cas d’urgence. Nous mangions nos sandwichs en contemplant la mer bleue entourée de montagnes. Soudain, plusieurs formes surgirent de l’eau. On distingua des nageoires, le bateau ralentit puis s’arrêta et le capitaine cria dans le micro : « Dolphins, dolphins !!! » Tout le monde se précipita sur le pont. Certains montèrent en haut. Chaque personne brandissait son appareil photos pour prendre des clichés de ce spectacle exceptionnel. Les dauphins jouaient avec le bateau. Ils étaient là par centaines et allaient très vite dans l’eau en enchaînant des sauts périlleux. Ce n’étaient pas des dauphins normaux que l’on voit dans les films qui sont blancs sur le dessous et gris sur le dessus. Il s’agissait de dauphins hectors ,une espèce endémique de Nouvelle Zélande.

Pour en revenir au bateau, nous admirions avec émerveillement les dauphins filer dans l’eau pour jaillir en faisant un triple salto avant. Moi qui aime la gymnastique, j’étais aux anges. Cela dura un bon quart d’heure à admirer ces animaux sauvages mais qui aiment tant jouer!Peu à peu, les dauphins nous ont quitté. Tous les touristes ont regagné leur siège à l’intérieur du bateau. Soudain, une otarie, deux otaries, trois otaries, dix otaries, une autre sur le rocher !!! Encore une !Des dizaines d’otaries à moins de 10 m de nous ,certaines en train de se reposer sur les rochers ,d’autres en action(plutôt lente!). Incroyable!

Dans la voiture nous ramenant à Christchurch pour notre dernière nuit avant de partir en Australie ,nous nous redisions la chance inouîe d’avoir vu autant d’animaux sauvages dans un paysage sublime.

N’était-ce pas merveilleux de finir la Nouvelle-Zélande comme ça ?

A bientôt pour de nouvelles aventures.

Clémentine.

Un mois en camping car…une école de vie!

On l’avait rêvé ? On l’a fait!

Sillonner la Nouvelle Zélande en camping car sans avoir la moindre expérience était un vrai challenge après les 4 mois de voyage. Mais la perspective de découvrir ce merveilleux pays en autonomie..  une vraie excitation pour tous. Alors, le camping car: liberté…ou aliénation de sa liberté? Suiver le guide!!

Ceux  qui ont déjà fait du camping car le savent : il faut un minimum de conditions pour qu’un séjour en camping car soit réussi…

1)     Etre un minimum organisé : bon, ceux qui nous connaissent un peu savent que ce n’est pas forcément notre qualité première ! Pour nous, à notre modeste niveau, voyager, c’est  rencontrer, découvrir, s’ouvrir aux autres…donner le temps au temps, se perdre…un peu …pour mieux se retrouver. Alors, anticiper, prévoir, réserver à l’avance…quand on a le luxe d’avoir du temps (mais il passe si vite)…pas simple! Mais quand même!

2)     Avoir des aptitudes au rangement : alors, dans notre famille, il y a 2 styles différents : le père et le fils qui frôlent la maniaquerie et l’obsession du rangement, et la mère et les filles qui sont plutôt « on se sent bien dans notre petit /gros bazar » . Quand les deux styles se rencontrent dans les quelques mètres carré du camping car, ça peut virer au Haka!

3)     La renonciation à son espace privé : pas facile d’être confiné dans le même espace pour prendre ses repas, s’habiller, travailler, lire, jouer et dormir !

Bref, vous mettez dans un camping car une famille de 5 personnes qui vient de passer les 4 derniers mois 24h/24 tous ensemble (nuits comprises puisqu’on partageait 90% du temps la même chambre pour des questions de budget), et cela devient une véritable poudrière !!

Les 3/4 premiers jours furent fantastiques : les enfants étaient très excités de découvrir tous les aménagements possibles du camping car : coin nuit, coin repas, capucine, ainsi que tous les tiroirs, placards, rangements…C’était follement amusant !

Les enfants ont fait tout de suite des tableaux pour répartir les différentes tâches de chacun : vérification de la fermeture des tiroirs avant de démarrer le camping car, installation des coins nuits, préparation des repas, vaisselle, vidange des eaux grises et noires ,et fonctionnement global du CC (responsabilités d’Arthur et Philippe !), rangement de la capucine…

Les enfants se sont même disputés pour avoir le plus de tâches à accomplir (ben oui, c’était tellement drôle de transformer un coin nuit en un coin repas !), ils ont respecté les tableaux à la lettre les premiers jours, puis ils ont trouvé cela un peu moins drôle chaque jour..A la fin, tout le monde en avait assez de toutes ces corvées !!

Il y a eu des moments un peu tendus…mais d’autres merveilleux…Comme  passer la nuit sur une  plage déserte, au pied d’un glacier, à la lisière d’une forêt ou encore au bord d’un lac. Des endroits où on était « seuls au monde » et réveillés le matin par le roulement des vagues ou le chant des oiseaux.On a eu aussi la chance d’être acceuillis chez des néo-zélandais, notamment trois jours chez Stew près de la petite ville de Rotorua.

Il était 21 heures, on roulait sur une petite route à la lisière d’un bois, il faisait nuit noire et nous cherchions un endroit pour garer le camping car pour la nuit. Philippe arrête la première voiture que l’on croise (elles sont rares !!) . Un néo-zélandais un peu bourru, avec un accent « à couper au couteau », sort de son pick up, un peu étonné d’avoir été arrêté par des étrangers.. Quelques minutes plus tard, il nous proposait un bout de son jardin juste devant sa maison. Le lendemain, il nous invitait à se doucher à lui, nous communiquait son code wifi et  nous prêtait sa voiture pour aller en ville (plus facile pour se garer !)

Un telle générosité « gratuite »,en Nouvelle Zélande. on en a rarement rencontré comme celle-là ! Cela nous a fait réfléchir car on s’est demandé si on aurait été capable d’en faire autant à Marseille si on a avait croisé une famille kiwi dans la rue ! Une belle leçon.

Cette expérience en camping car a été une vraie aventure familiale. Nous avons dû apprendre à nous connaître encore mieux, à accepter l’autre tel qu’il est…et à nous remettre en cause. Une vraie leçon aussi en terme de DP ou l’exemplarité est si importante dans le process d’éducation de l’enfant.Dans un cc 24h sur 24,difficile de tricher!!!

Voilà un exemple de petit déjeuner pris sur une plage déserte…il y a pire pour commencer la journée, non?

Pendant que les filles préparent le repas…

Arthur révise ses tables de multiplication avec son Papa!

Activité père/fils: vidange des eaux noires!

En synthèse,on a aimé….

-le partage de 2 nuits avec le rocker Stew…au grand cœur.

-les bivouacs seuls au monde (presque oppressant pour Marie).Highlight pour la côte Sud Ouest entre Haast et Jacksonville! Sentiment inouï d’être seul sur terre!

-les repas concoctés par Marie avec les filles tous les jours.

–les parties de peteka (acheté au Brésil) le matin en guise de warm up physique.

-les bains de mer sur la côte Ouest….sans âme qui vive.

-les dos d’âne sur la route (peu nombreux) permettant aux enfants de faire de la balançoire.

-les kms au volant à voir défiler des paysages plus beaux les uns que les autres.

-les petits verres de vin le soir à l’apero (ils sont bons, en Nouvelle Zélande).

 

On a moins aimé:

-être les uns sur les autres tout le temps!

-les disputes… plus nombreuses qu’en temps normal (tiens tiens!!)

-Le froid de certains bivouacs (pas de chauffage) où le thermomètre n’a pas dû depasser les 0  degré. Heureusement que le mix couvertures/ duvet étaient au RDV!

-les arrêts au pit stop (campings où on peut recharger l’electricité du CC).Plus confortables,bien sûr…mais tellement moins authentiques!

-la vidange de la « boîte à caca »…ou Arthur a rapidement …délégué à son Papa!!

 

Vous l’avez compris ,on s’est régalé…même si ce ne fut pas toujours de tout repos.

OUI ,le Camping Car procure un sentiment de  liberté inoui qui permet de se déplacer partout où c’est BEAU (sauf en ville) , et,comme pour l’escargot, d’avoir sa maison sur son dos .Sécurisant pour les enfants.

NON ,le Camping Car à 5,c’est comme tout, pas juste du plaisir.Mais une vraie école de vie de tolérance, respect de l’autre, capacité à trouver des solutions…en un mot s’aimer dans la différence.

Deux mois et demi plus tard, alors que nous écrivons cet article (nous sommes en Thailande)  ,nous realisons mieux ce que cette experience a pu apporter à notre famille et ce tour du monde. Une autre pièce du puzzle de cette année folle que nous avons la chance de vivre.

 

A très vite.

 

 

 

 

 

Une soirée chez les Maoris

Bonjour mes copains de 10ème, J’espère que tout le monde va bien et que vous profitez de la dernière semaine d’école avant les vacances. Je suis maintenant en Birmanie, un pays qui est en Asie et il y a quelques mois, j’étais en Nouvelle Zélande, alors je vous ai écrit un article sur les maoris, le peuple de Nouvelle Zélande. Nous avons passé une soirée dans un village maori près de Rotorua, une petite ville au centre de l’ile du Nord de la Nouvelle Zélande. Les maoris sont arrivés sur des canaoés que l’on appelle des wakas et ils ont fait une démonstration de haka, la danse traditionnelle des Maoris. C’est une danse guerrière dont le but est de faire peur aux adversaires. Figurez vous que l’on n’avait pas le droit de rire quand les maoris tiraient la langue et faisaient des gros yeux de poissons.

Puis ils nous ont expliqué comment participer à des épreuves maoris :

Courir le plus vite possible dans des échelles qu’ils ont fabriqué avec des bâtons et qu’ils ont posé sur le sol, sans toucher les bâtons

Comment sculpter le bois : les maoris font beaucoup de sculpture et dans chaque maison maori, il y a une sculpture en bois à l’entrée

Ce que veut dire les tatouages que tous les maoris ont sur le visage. Les hommes ont le visage tatoué en entier (la partie droite symbolise la partie maternelle, la partie gauche la partie paternelle), les femmes, elles, n’ont que le menton qui est tatoué. Je n’ai pas trouvé cela très joli.

Avec papa, ils nous ont appris à danser le haka. J’ai trouvé cela un peu difficile au début mais très amusant !

Puis c’était l’heure de dîner. Il y avait de grands fours enterrés sous la terre et on mettait dessus des sortes de couverture pour garder les choses au chaud. On a mangé du poulet, des pommes de terre, des carottes, des kumaras (sortes de patates douces), du stuffing (un mélange de chou et de viande). C’était délicieux.

Cette soirée était un peu réservé pour les touristes mais cela nous a permis de découvrir plein de choses sur les maoris.

Bonnes vacances à tout le monde et je suis content de vous retrouver en septembre.

Arthur

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