Nous avons eu la chance de passer une journée dans l’école primaire publique de la petite ville de Nyaung Shwe, grâce à Piu Piu (voir article sur le lac Inle) qui nous a ouvert les portes en nous présentant au directeur.

Ce dernier était au début plutôt réticent et a bien voulu accepter que les enfants restent dans les salles de classe et assistent aux cours. En revanche, nous les adultes n’étions pas les bienvenus. Puis, nous lui avons expliqué notre démarche et petit à petit, il s’est détendu et a bien voulu que nous nous mettions au fond d’une salle de classe puis que nous prenions des photos…avant de nous inviter à manger des beignets TRES gras dans la salle de classe. Un privilège de pouvoir pénétrer dans une école pour des étrangers nous a -t-il expliqué !

L’enseignement se fait de façon assez répétitive. Nous avons assisté au cours d’anglais et les élèves apprenaient en répétant (ou plutôt criant !!) tout haut des dizaines de fois les lettres, syllabes et mots à apprendre…Une vraie cacophonie dans les salles de classe !

Arthur, assis au fond de la classe du «  grade 3 » correspondant à son âge,  écrivait consciencieusement les mots en anglais, alors que des dizaines de paires d’yeux le fixaient d’un air curieux et amusé.

Océane, assise au premier rang dans la classe du « grade 6 » et entourée de deux petites filles de son âge, apprenait les chiffres birmans et effectuait des opérations sous l’œil attentif de l’instituteur.

Clémentine, quant à elle, a participé au cours d’anglais du « grade 5 » et a été très amusée de leur façon d’apprendre !

A la récréation de dix heures, c’est l’heure du snack : les élèves ont offert mangues pimentés, riz gluant, et  jus de fruits aux enfants. Océane et Clémentine  se sont lancés dans un « épervier » géant et sont parvenues à expliquer les règles du jeu avec des gestes et quelques mots d’anglais..100 personnes pour jouer à l’Epervier…c’était un vrai spectacle, dont on ne sait qui est sorti vainqueur. Mais ce n’est pas le plus important !

Arthur a eu un vrai succès avec les petites birmanes de son âge (elles faisaient une tête de moins que lui !) qui ne lui ont pas lâché la main de toute la récréation ! Notre petit bonhomme n’avait d’abord  pas l’air totalement zen, mais s’est prêté au jeu !

Un vrai bonheur de voir nos enfants partager ces moments avec des écoliers tellement différents de leurs camarades français !

Il n’en reste pas moins que, malgré leur niveau d’anglais assez limité, tous les instituteurs nous ont accueilli très gentiment. C’était la première fois que des étrangers passaient le pas de la porte…un vrai évènement pour toute l’école !

En Birmanie, l’école démarre à 9 heures le matin  même si les enfants peuvent jouer dans la cour de récréation dès 7H30 du matin. On commence par la levée du drapeau birman et l’hymne national puis les élèves chantent (on a quand même entendu la version birmane de « frère jacques » !) pendant un long moment.  Puis tout le monde se déchausse avant de pénétrer dans les salles de classe.. A midi, c’est la pause déjeuner. Il n’y a pas de cantine et la plupart des élèves apportent un petit panier en plastique avec à l’intérieur du riz, du poulet et des légumes répartis dans trois petits récipients qui se superposent et qu’on appelle une « triplette ». A 15h30, il y a à nouveau des chants avant que les élèves ne rentrent  chez eux.

Les élèves des écoles publiques portent, comme on le voit sur les photos, des uniformes  qui peuvent être soit des longjys, des shorts ou des jupes.

Le niveau scolaire des enfants birmans nous ait apparu assez faible. Ceci s’explique en partie par l’immense pauvreté : un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté. Sur onze millions d’enfants de 6 à 15 ans, 4 millions travaillent pour leurs parents. En effet, étudier coûte très cher et rapporte peu aux familles. Pour beaucoup, l’éducation est un luxe. Il faut payer les uniformes, les repas et les fournitures scolaires. C’est pourquoi la plupart des familles pauvres ne peuvent pas envoyer leurs enfants à l’école et les font travailler (en gardant les bêtes ou en travaillant dans les champs)

L’école primaire est normalement obligatoire et l’instruction se fait en birman mais la seconde langue est l’anglais.

Les locaux sont souvent insalubres : en général, il y a un grand bâtiment avec des salles de classe qui donnent toutes sur la cour récréation le plus souvent en terre battue. Parfois, il y a une seule salle de classe pour tout le monde.

Les professeurs sont très souvent mal formés et sous-payés et il y a très peu de matériel scolaire (livres, manuels) …et pour cause, le budget de l’éducation représente 2% du budget de l’Etat alors que celui des dépenses militaires représente 40%.

On se rend compte des moyens limités des écoles birmanes en voyant le bureau de cette institutrice du grade 3

Le système éducatif birman, qui est en grande partie calquée sur le système anglais comme la plupart des pays d’Asie,  est organisé du grade 1 au grade 11 :

-la primary school (de 5 à 9ans) : grades 1 à 5

-la post primary school (de 10 à12 ans) : grades 6 à 8

-la middle school ( 13 ans) : grade 9

– la high school (14 et 15 ans) : grades 10 et 11

Nous aurons d’autres occasions durant notre mois au Myanmar de passer dans des écoles birmanes comme lors du trek entre Inle et Kalaw. Partout, nous avons été frappés par la vitalité de tous ces enfants. On peut être pauvre mais rester des enfants avec l’enthousiasme,  l’énergie , l’insouciance et la capacité à vivre l’instant présent. Et ce où que l’on soit sur la planète. Réconfortant !

En grade 1 (niveau grande section, il y a quelques jeux à disposition des élèves mais pas vraiment d’enseignement. Les enfants sont livrés à eux-mêmes et passent leur journée à jouer ensemble.

Les écoles privées sont bien différentes des écoles publiques. Les moyens sont beaucoup plus importants, les professeurs parlent mieux anglais. Les élèves portent un uniforme bleu en général, comme on peut le voir sur cette photo prise dans une école privée de Pyi oo lwin au Nord de Mandalay, dans laquelle on s’est arrêté quelques heures pour échanger avec le directeur et quelques professeurs.

 

En conclusion , les enfants étaient ravis de passer cette journée à l’école publique de Nyaung Swe, avec ces petits élèves birmans qui étaient tous très souriant, ouverts et curieux.

On réalise à tel point le pays est en train de s’ouvrir. En effet, il eut été simplement impensable de pouvoir pénétrer dans l’enceint d’une école, il y a encore quelques années. Mais il faut du temps pour que les choses changent en profondeur. Les infrastructures vétustes et le faible niveau des professeurs montrent qu’il y a encore du chemin à parcourir.

Mais ils sont …on the way !