Aujourd’hui , nous sommes heureux de repartir marcher car depuis notre dernier trek dans l’Est de Bali, nous n’avons pas marché au long cours !Tout le monde est partant et nous vous emmenons dans nos sacs à dos pour 2 jours  entre le lac Inle et Kalaw, en Birmanie, une randonnée de 50 kms qui traverse des villages des minorités ethniques encore préservés des montagnes ainsi que des paysages exceptionnels ! Le chemin le plus pratiqué (même si à cette saison, nous ne risquons pas de trouver la foule) étant de relier Kalaw au lac Inle, nous décidons de faire le chemin inverse.

Il est 7 heures du matin et, saison des pluies oblige, nous partons acheter une cape de pluie au marché de Nangshew avant de monter dans un tuk tuk pour 30 minutes de « tape fesse » sur une route bourrée d’ornières…un vrai supplice pour notre dos !

Le tuk tuk s’arrête dans un petit village où ses habitants nous accueillent en nous offrant une tasse de thé. Nous sommes touchés par leur gentillesse. Ils sont tous là autour de nous à nous regarder et tenter d’amorcer une discussion… . qui commence comme à chaque fois par : « one, two, three children ? » avant de chercher à les toucher, le mix cheveux blonds/yeux bleu ayant bonne presse !

Dès le démarrage, le chemin est tellement boueux que les enfants perdent plusieurs fois  leurs chaussures qui restent collées dans la boue !La température est chaude et l’air saturé d’humidité ce qui nous fait transpirer abondamment !

Les paysages sont extraordinaires…des dégradés de vert, de rouge, des contrastes magnifiques, des plantations diverses et variées (chili, pommes de terre, tapioca, mais…) et des paysans qui travaillent dans les champs.

Nous attaquons immédiatement avec une « bavante » de 500 m de dénivelé ce qui sera notre seule vraie montée, le reste du trek oscillant plus ou moins de 100 m versus ce point culminant proche de 1000m.Mais finalement les descentes s’avèreront beaucoup plus fatigantes car glissades et chutes seront légion.

Notre guide, Néné, est très jeune et n’a pas l’air très expérimenté alors que notre cuisinier pendant ces 2 jours, Moji, est adorable, il a un sourire jusqu’aux oreilles, est très patient et prévenant avec tout le monde. Il connait parfaitement le chemin (bien mieux que notre guide !) et nous a concocté une cuisine savoureuse et variée malgré les conditions plutôt spartiates.

Après quatre heures de marche, nous nous arrêtons pour le déjeuner dans un village où la spécialité est le tressage de panier. Partout dans le village, nous voyons des hommes, assis par terre, en train de découper des lanières de bambou avant de les tresser . Ils font preuve d’une dextérité incroyable. En une journée, ils font en moyenne quatre paniers, pendant que leurs femmes, elles, travaillent dans les champs.

Les enfants du village sont un peu surpris de voir des petits blonds (il faut dire qu’en un mois, nous n’en avons pas croisé un seul en Birmanie !) et ils se pressent autour de nous pour le plus grand bonheur de nos enfants qui jouent avec eux.

Après nous nous être régalés d’une noodle soup préparée par Moji, nous poursuivons notre route à travers les champs, les forêts, les vallées où les scènes de la vie paysanne nous réjouissent : des paysans en train de semer (mais souvent aussi de pulvériser des pesticides), des charrettes tirées par des buffles, des femmes assises à l’ombre d’un banian avec leur bébé dans les bras, des hommes sur des bœufs allant travailler sur leurs terres, d’autres coupant le blé avec une faux… A notre passage, les gens nous lancent gaiement des »Mingalaba » (bonjour en birman). Ils sont à chaque fois étonnés de voir des enfants et revient la même question : « one, two, three children ? »

Nous essuyons plusieurs averses avant d’atteindre le petit village de la tribu Pao dans lequel nous allons passer la nuit. Alors que nous n’avons croisé aucun touriste pendant la journée, nous rencontrons quelques randonneurs coréens avec lesquels nous partageons une bière….fraiche !! Une vraie surprise de trouver une boisson fraiche dans un village qui n’a pas l’électricité. Nous apprenons que c’est à dos de muffle que les pains de glace sont acheminés vers le village pour satisfaire les randonneurs de passage !

Vision étonnante de voir un berger au milieu de 100 chèvres traverser le village…avec le portable à la taille « crachant » de la musique que actuelle !

Nous passons la nuit chez une maitresse d’école avec laquelle nous sympathisons tout de suite. Cette mère de 6 enfants (ils sont déjà tous partis de la maison) accueille des randonneurs pour gagner un peu d’argent.

Nous nous régalons du diner préparé par Moji : pleins de petits bols remplis de légumes et de viande. Nous dinons, comme tous les birmans, assis par terre sur une petit table basse, à la lueur des bougies. L’ambiance est magique. On a l’impression de revenir au siècle dernier

Après ce bon diner, le guide nous propose de prendre une  douche qui consiste en une louche et une bassine d’eau froide…Courageux, les enfants se lavent….En ce qui concerne Marie, cela attendra une vraie douche !!

Nous montons dans notre chambre qui est en fait la pièce principale de la maison, celle où trône l’autel où se trouve bouddha. Nous nous endormons rapidement sur des paillasses avec des couvertures qui n’ont pas l’air de la première propreté ! Notre hôte nous explique qu’il faut dormir la tête du même côté que celle de Bouddha.

Le lendemain, lever à 5 heures du matin car la journée va être très longue ! En effet, on a décidé de faire le trek en 2 jours et non en 3 comme la plupart des randonneurs. On a donc 28 kilomètres à parcourir aujourd’hui. La matinée est remplie de magnifiques panoramas et de scènes rurales. Nous nous arrêtons dans une école de village. Les enfants sont dans la cour, en cercle en train de faire une partie de « pêcheur », certains plus âgés travaillent dans le bâtiment central, d’autres révisent tout haut leur leçon. Nous discutons avec le directeur et les enseignants qui nous accueillent très gentiment, avant de reprendre notre route.

Des femmes de la tribu Pao, que l’on reconnait facilement grâce à leur tissu de couleur vive noué sur la tête à la façon d’un turban, nous suivent un moment et lorsque nous nous arrêtons devant une petite échoppe pour acheter un petit snack, nous offrons à chacune un paquet de gâteau…Elles sont ravies ! Nous tentons de discuter avec elles, pas simple mais on arrive quand même à communiquer ! Le sourire en bandoulière…

Il est 13h30 et notre guide nous annonce encore 1 heure avant de pouvoir déjeuner…les enfants sont fatigués, le soleil, qui est revenu après la pluie, est accablant. Une fois de plus, les enfants nous surprennent par leur capacité à s’adapter !

On nous propose de faire la dernière partie du trek en tuk tuk , mais les enfants refusent !! Ils veulent aller jusqu’au bout…comme leur mère !

Quand nous arrivons enfin à Kalaw,3 h plus tard, nous sommes fatigués mais tellement heureux. Ces rencontres multiples, ces paysages nous ont remplis de joie. Nous réalisons la chance que nous avons eu de pouvoir partager avec ces villageois tellement préservés de l’agitation du monde moderne, quelques instants simples et authentiques. On a l’impression d’avoir voyagé dans le temps, 100 ans en arrière dans ces villages birmans. Hormis le téléphone portable que beaucoup de villageois possèdent, rien d’autre dans leur mode de vie ne fait penser au monde moderne. Pas d’eau courante, pas d’électricité, des conditions de vie très rudimentaires, une façon de vivre encore traditionnelle…mais une joie de vivre et une gentillesse sans pareil !

Nous terminons dans une petite auberge ou nous sommes seuls !Le soir, dîner de fête ce qui veut dire fanta pour les enfants et bouteille de vin local pour nous ( !) pour agrémenter un repas bien local !Il y a beaucoup de bruit à l’étage et nous montons en haut et tombons sur une fête de mariage. En nous voyant arriver, ils nous invitent à festoyer avec eux. Clémentine chante la chanson de Louane  » Mes chers parents, je vole  » avant que Philippe n’invite la mariée à danser. Grosse ambiance. On évite tout juste la mixture alcoolisée qui ne me dit rien qui vaille …

De retour à notre auberge, nous trouvons Sam, le fils du patron la guitare à la main en train de gratter quelques accords. Nous discutons un peu avant d’attaquer les grands classiques Elvis ,Beach Boys, Elton John….et David Guetta. Nous chantons à tue-tête alors que Sam joue en regardant les partitions sur…son téléphone portable ! On a coutume de dire que la musique adoucit les mœurs…j’en suis personnellement persuadé !

Quelle journée. Une fois de plus, je suis admiratif des enfants, de Marie… car ces 2 journées ont été harassantes, rendues difficiles par les conditions qui n’ont pas été sans nous rappeler la descente du Cerro Chato au Costa Rica où nous avions pensé finir en bonhommes de boue !

Mais quelle beauté et quel plaisir de cheminer tous les cinq sur ces sentiers avec « Big Brother » en compagnon de route !

A refaire sans modération….