Voilà maintenant presque sept mois que nous sommes rentrés à Marseille et,  notre voyage étant encore présent (en tout cas dans notre tête car le quotidien a maintenant repris ses droits!!), nous aimerions partager avec vous la très belle aventure que nous avons vécue au Cambodge.

Nous sommes donc mi-juillet et prenons quelques jours de break sur l’ile de Ko Chang en Thailand que nous sillonnons sous des trombes d’eau…La mousson ne nous laisse aucun répit !

Les enfants nous tannent pour rejoindre une association humanitaire car ils ont très envie de se rendre utile ! C’est à ce moment là que nous prenons contact avec Claire de l’association « école du Bayon  » au Cambodge, recommandée par notre ami Pascal (qui habite au Myanmar) et lui demandons dans quelle mesure nous pouvons venir découvrir l’école du Bayon ou même pourquoi pas donner un coup de main….même si nous sommes très conscients que ce n’est pas en quelques jours que l’on peut être utile!

Quelques minutes plus tard, Claire nous répond et nous propose un programme clé en main pour notre passage à Siem Reap, au Cambodge, où est située l’association. Toute la famille est très excitée de pouvoir découvrir cette association, faire la connaissance de Claire (qui nous plait déjà !) visiter l’école et rencontrer des enfants cambodgiens.

 

Claire avec nous au coffee shop du Bayon

Quelques mots sur cette association qui a vu le jour en 1996 :

Tout commence lorsque Marcel Bertaud, jeune niçois vivant à Tokyo, se lie d’amitié, lors d’un voyage au Cambodge avec un généreux bonze, qui accueillait et éduquait des enfants orphelins. La maladie l’emporte, trop jeune, en août 1996 et notre histoire commence. Marcel se sent investi d’une mission : continuer, voire amplifier l’action de son ami bonze. Il trouve alors des fonds, auprès de ses nombreux amis, collègues, relations et construit un bâtiment sur le terrain de la Pagode, avec l’accord des bonzes et le support de Mai, une amie cambodgienne.

L’École du Bayon est une association loi 1901 enregistrée en France qui finance aujourd’hui l’éducation de près de 250 enfants, de l’école primaire, située au sein d’une pagode proche du temple du Bayon, jusqu’au collège et lycée publics de Siem Reap, et pour certains jusqu’à l’Université ou formation professionnelle. L’école du Bayon a également ouvert, en septembre 2014, une formation professionnelle en pâtisserie réservée aux jeunes filles issues de milieux défavorisés.

 

Nous avons eu la chance de passer plusieurs demi-journées à l école primaire qui est située au sein de la pagode Preah Saar, au Sud du temple du Bayon. L’école étant située dans la zone des temples, il est plus facile d’accès pour les élèves que l’école de Siem Reap qui se trouve à environ 10 km de chez eux. La plupart des élèves vont à l’école à vélo.

L’école accueille 250 élèves du grade 1 à 6 et dispense donc tous les grades du cycle d’éducation primaire cambodgien. Les six professeurs suivent dans leur enseignement le programme officiel d’éducation cambodgien (langue khmère, maths, géographie, sciences, morale et sport) et depuis trois ans, les élèves profitent également d’une heure de langue anglaise par jour dès le grade 2.

Les moines de la pagode partagent l’enceinte de la pagode avec l’école, contribuant à leur manière à l’éducation de ces jeunes enfants. En retour, l’école leur offre du riz tous les mois et accueille les plus jeunes sur les bancs de l’école.

Lors de ces demi-journées passées avec les élèves du grade 4, 5 ou 6, nous avons eu l’occasion d’échanger avec eux sur leur quotidien, leur vision du monde, leurs envies pour plus tard . Nous leur avons posé les questions du questionnaire que l’on avait élaboré avant de partir et nous avons réalisé à tel point ces enfants venaient de milieux défavorisés, avaient une existence difficile, des responsabilités malgré leur jeune âge mais une joie de vivre malgré tout. La plupart de ces enfants sont plus ou moins livrés à eux-même et doivent s’occuper de leurs frères et sœurs et préparer le repas du soir pendant que leurs parents travaillent aux champs.

Au départ, on sentait une certaine réserve et même timidité chez ces élèves, peu habitués à la présence d’étrangers. Puis au fur et à mesure, grâce notamment à la présence de nos enfants, l’atmosphère s’est déridée et les réponses ont « fusé ». Quelle joie de pouvoir échanger avec ces écoliers du bout du monde !

Quand on a demandé aux élèves du grade 6 (entre 12 et 15 ans) quel métier ils avaient envie de faire plus tard, voici ce qu’ils ont répondu : professeur, docteur, guide touristique, vendeur, cuisinier, ingénieur avocat…Bref, une grande variété de réponses !

 

A la question « Si tu pouvais changer une chose dans le monde, ce serait quoi ? », les réponses furent :

  • arrêter la déforestation
  • arrêter d’utiliser des produits chimiques
  • réduire les accidents de la route
  • stopper la drogue et la guerre
  • arrêter de tuer et de chasser les animaux (en particulier les éléphants)
  • faire en sorte que tout le monde au Cambodge parle anglais

A la question : « Qu’est-ce que le bonheur pour toi ? »

  • Quand je joue au football avec mes amis
  • Quand je joue avec les amis et mes frères et sœurs
  • Quand j’écoute de la musique

A la question « Que fais tu après l’école ? »

  • Je nourris les cochons
  • Je fais la cuisine pour mes parents qui travaillent
  • Je garde mes frères et sœurs
  • Je fais mes devoirs
  • Je vais vendre des objets au marché de nuit
  • Je fais ma lessive et celle de mes frères et sœurs

A midi, ils déjeunent à la cantine de l’école, ce qui leur permet d’avoir un repas équilibré composé de légumes, riz et souvent poulet. C’est pour certains le seul repas équilibré de la journée, car beaucoup partent le matin le ventre vide, ce qui ne facilite pas l’apprentissage.

 

Nous avons pu échanger avec les enseignants de l’école, notamment Samoy, instituteur des grades 2 et 3, qui travaille depuis que l’école du Bayon a été créée, Sreyroth, la directrice de l’école ou encore Sroun, le professeur d’Anglais.

Le système éducatif cambodgien a encore beaucoup de progrès à faire : plus de 10% des enfants ne sont pas scolarisés aujourd’hui et plus de la moitié des enfants sont exclus de l’école avant d’avoir atteint un niveau d’alphabétisation suffisant pour sortir de la pauvreté. L’accès à l’éducation pour les jeunes filles est encore plus restreint puisque seulement 20% d’entre elles vont dans une école secondaire. De plus, les infrastructures sont mauvaises (15 000 salles de classe à rénover, 10 000 à construire) et les familles ont de plus en plus de mal à financer la scolarisation de leurs enfants. Source : Unesco.

L’école joue un vrai rôle en terme de prévention et d’hygiéne :

Comme les autres pays asiatiques visités, nous avons été surpris par la verticalité des relations entre les professeurs et les élèves . Le profond respect (qui n’existe plus trop dans nos écoles françaises !) se traduit par l’accueil du professeur par un « good morning Mister, how are you today ? » prononcé en chœur par les élèves. C’est la même chose pour les « visitors » que nous étions.

L’apprentissage se fait également de façon répétitif et les enfants apprennent beaucoup en récitant tout haut leurs leçons… Leur niveau académique est biensûr loin des petits écoliers européens, cependant nous avons été assez surpris par leur bon niveau d’anglais. Les filles ont participé à deux reprises au cours d’anglais, elles ont tenté de faire une dictée de mots…pas facile avec l’accent cambodgien complètement incompréhensible pour nous !

Au Cambodge aussi les garçons adorent jouer au foot!

Cet article sur Siem Reap ne serait pas complet sans vous parler de notre rencontre avec Viseth, un des travailleurs sociaux de l’école du Bayon. Viseth nous a accompagné tout au long de nos visites à l’école pour nous en expliquer le fonctionnement, nous traduire et nous présenter aux enseignants.

Viseth est le jeune homme que vous voyez à gauche d’Arthur..

Viseth  nous a également guidé à travers les villages dans lesquels vivent les familles des élèves du Bayon .

Ce sont des familles extrêmement pauvres, vivant de presque rien, avec parfois des grands parents qui élèvent les enfants dont les parents sont partis. On comprend aisément en traversant ces villages, que les cambodgiens les plus touchés par la pauvreté (un tiers de la population cambodgienne vit en-dessous du seuil de pauvreté) soient ceux qui vivent dans les milieux ruraux.

Comme souvent, à la campagne, les enfants sont exposés à la malnutrition et à des conditions de vie très difficiles. Dans ces villages, il n’y a pas d’accès à l’eau potable (environs 16% de la population dispose de l’eau potable) et de nombreux enfants meurent ainsi de maladie diarrhéique.

 

Grâce à Viseth, nous avons pu comprendre la réalité de la pauvreté du Cambodge et avoir un contact avec les familles dont les enfants sont scolarisés au Bayon. Viseth avait une très bonne connaissance de la situation de toutes ces familles et était très désireux de les aider.

Ce petit garçon coupe du bois pour faire du feu pour cuire le repas du soir…

Celui-ci fait cuire le riz car ses parents travaillent encore dans les champs

Nous avons passé d’excellentes soirées en compagnie de Claire qui nous a expliqué plus en détail le fonctionnement de l’association et avons eu beaucoup de plaisir profiter des petits restaus cambodgiens avec elle, sa bonne humeur et son enthousiasme!

Nous avons donc quitté Siem Reap avec des projets plein la tête….notamment financer des petits-déjeuners pour les élèves de l’école du Bayon qui partent travailler le ventre vide. …Affaire à suivre très prochainement!!

 

Ce séjour à Siem Reap a été également l’occasion de visiter les temps d’Angkor Vat, du Bayon et tous les temples alentours. Les enfants sont devenus incollables sur la mythologie indienne, les légendes du barratage de la mer de lait, les devas, asuras et autres divinités…

Le « whaou » des enfants, en dehors de la rencontre avec les écoliers du Bayon fut la visite de la ferme de crocodiles appartenant à Khong, le directeur du Bayon, et la naissance en directe d’un bébé crocodile ! Que d’excitation quand la bébé crocodile a pointé le bout de son nez hors de son œuf ! Les enfants étaient un peu moins enthousiastes lorsqu’on leur a proposé de manger de la viande de crocodile et des intestins de crocodile ! Tout le monde a goûté au premier mets..Quand au second, seul Philippe a été très courageux et a pu honorer les intestins grâce à des énormes quantités de piment pour faire passer tout cela ! De même que les  criquets, larves, scorpions et brochettes de serpent que seule Clémentine a eu le courage de goûter!! 

A très bientôt pour la suite de nos aventures avec l’école du Bayon…

Les Mandray…en direct de Marseille!