C’est la première fois qu’on se sentait « en vacances » et non en voyage depuis que l’on a quitté Paris. Il faut dire que toutes les conditions étaient réunies ! Un magnifique soleil, les plages immenses de Copacabana et Ipanema qui nous tendaient les bras avec leurs défilés de vendeurs ambulants (un vrai spectacle de les voir déambuler avec leur attirail de toute sorte, leurs brochettes de crevettes, hamacs, lunettes de soleil, chapeaux, maillots de bains ou encore leurs caipirinas posées sur un plateau, prêtes à être dégustées !) Ici tout se vend et se loue : que ce soit des matelas, des cours de danse, de beach volley  et de  surf, ou encore les mains expertes des masseurs. Et surtout une eau à 28 degrés..! Les enfants passent leur temps dans les grosses vagues, pendant qu’on sirote quelques caipirinas !

Copacabana ! Un simple nom de plage universellement connu pour être synonyme de paradis….dans cette ville liée aux plaisirs et à la douceur de vivre.

Les enfants jouent à la  petequa, une sorte de balle en mousse un peu dur avec des plume colorés…un peu difficile au début mais avec un peu d’entrainement, on arrive à faire quelques échanges:
Ce brésilien a un vrai don pour fabriquer des objets avec des feuilles de palme…chaque enfant a eu droit à son objet fétiche (un poisson pour Arthur, une rose pour Clémentine et un cœur pour Océane) Malheureusement, ces derniers n’ont pas survécu aux contrôles sanitaires néo-zélandais..au grand regret des enfants!!
On gardera en mémoire de notre passage à Rio  : – La découverte du Christ rédempteur sur les hauteurs du Corcovado. Malgré la foule, la chaleur (on est un peu suintant sur les photos !!) et le fait qu’on a perdu notre Clémentine en haut du Corcovado dans la horde des touristes (heureusement on l’a vite retrouvé !), on a été conquis par la beauté de ce Christ qui nous faisait face, majestueux, les mains ouvertes pour nous bénir. La vue est belle à couper le souffle, c’était très émouvant d’être là. Face à nous, le pain de Sucre biensûr mais également toute la ville qui s’étend à nos pieds. Quelle beauté ! On s’amuse de voir tous les touristes, agglutinés devant le Christ, lever d’une seule main leur appareil photos et mitrailler le Rédempteur à qui mieux mieux…
Difficile de se frayer un chemin  pour admirer la vue…
On décide de redescendre par la jungle (et oui, c’est bien une jungle qu’il y a en plein cœur de Rio !) et nous croisons au passage plusieurs singes (après les ragondins d’Iguazu, les enfants étaient un peu sur la défensive !) qui nous gratifient de jolis sauts dans les arbres. Une heure et demi plus tard et une descente vertigineuse de gros rochers que nous avons dû effectuer en rappel avec l’aide de cordes, nous sommes arrivés au jardin botanique de Rio. Avec sa végétation tropicale exubérante, sa forêt de bambous, ses fougères géantes, sa collection de cactus américains et ses arbres du voyageurs, nous avons passé un agréable moment à déambuler dans cette diversité d’arbres et de plantes, avec toujours au loin le Christ rédempteur qui veillait sur nous…
-Le lendemain, ascension (en téléphérique biensûr !) du Pain de Sucre, ce rocher de granit de 396 mètres, qui est devenu le symbole de Rio. Les indiens l’appelaient avant Pau-nh-Acuqua,c’est-à-dire « haute montagne pointue et isolée », mais la ressemblance avec les sonorité de « Pao de acucar » et sa forme qui ressemble aux moules utilisés autrefois pour modeler le sucre, lui ont donné son nom définitif. Quand on arrive, à l’ouverture, au premier téléphérique, on nous annonce que le second téléphérique a un problème technique et ne fonctionnera pas. Très déçus, on décide quand même de monter jusqu’au premier tronçon. On passe un long moment à profiter de cette nouvelle perspective quand on nous annonce que le deuxième tronçon est ouvert…La chance est avec nous et Philippe prononce le début de  sa phrase préférée « le monde appartient à ceux qui »…. et les enfants finissent en cœur : « entreprennent » !!
Dans le téléphérique qui nous mène au Pain de Sucre
Le lendemain, départ très matinal à 4 heures du matin pour Santiago où l’on a prévu de prendre l’avion le soir même pour la Nouvelle Zélande. On fête notre dernier soir dans le quartier de Santa Teresa où l’on retrouve par hasard une française que l’on avait croisé à Arequipa 2 mois plus tôt ! A plusieurs reprises, en Amérique du Sud, nous croisons des voyageurs que nous retrouvons quelques semaines plus tard à plusieurs milliers de kilomètres…Cet « hasard » des rencontres est toujours un moment sympa !

On a été emballé par cette escapade brésilienne et on est heureux de ces trois mois passés en Amérique du Sud. Les enfants ont aimé la découverte des cultures différentes, les rencontres, le profond dépaysement, la beauté de la nature… bref le voyage avec ses moments  de joie, d’harmonie, de fluidité mais aussi ses moments plus difficiles (l’éloignement de Marseille et le manque des copines se font pas mal ressentir, l’entente entre frères et sœurs n’est pas toujours évidente quand on se voit toute la journée, ou encore la fatigue de changer de lieu quasiment tous le jours ) . Mais on se dit qu’on a beaucoup de chance car jusqu’à maintenant on n’a eu aucun « pépin » !

Et c’est là que les choses se gâtent !!

Nous sommes donc à Santiago et fêtons notre dernière soirée sud-américaine avant de nous envoler pour Auckland quelques heures plus tard. Nous sommes dans un bar restaurant lorsqu’au moment de partir, je m’aperçois que mon sac à dos dans lequel se trouvait appareil photos, électronique, permis de conduire et surtout passeports, a disparu. Panique à bord ! On cherche partout mais sans succès…On comprend qu’on ne pourra pas prendre notre avion. On file à l’aéroport pour changer nos billets d’avion et faire la déclaration de vol aux « carabineros de chile ». On les a attendu plus de deux heures !! En effet, c’était un soir de match de foot chili/argentine et ces messieurs étaient tous en train de regarder le match !

Un peu dépités, nous décidons d’aller dormir, il est minuit et les enfants sont épuisés. Nous sautons dans un taxi, à la recherche d’un hôtel. Le problème est que nous sommes en pleine semaine sainte et Santiago est pris d’assaut par les touristes. Après avoir essuyé 8 refus d’hôtels tous complets, nous tombons sur un petit hôtel un peu crasseux. Par chance, toutes les chambres sont libres ! Quand Philippe demande si c’est calme, le patron d’origine haitienne répond qu’à 9 heures, tout le monde est parti. On ne se pose pas plus de questions (mais c’est quand même étrange que toutes les chambres soient libres !) Je ne suis pas vraiment emballée par l’endroit mais il est 1 heure du matin, les enfants se sont endormis dans le taxi…on ne va quand même pas faire les difficiles !   

On aurait peut-être dû….car au beau milieu de la nuit, on s’aperçoit  qu’on est en fait dans…. un hôtel de passe ! Avec Philippe, on n’a pas fermé pas l’œil jusqu’au petit matin…

Qui aurait cru que ce charmant petit hôtel aux allures coloniales n’était autre qu’un hôtel de passe ?

Furieux de cette mésaventure, on est bien décidé à ne pas payer la nuit. On explique donc au patron que c’est honteux d’avoir faire dormir des enfants dans un hôtel de passe et qu’il est hors de question de payer !! On prend nos sacs et on file rapidement, ne sachant pas trop s’il allait nous rattraper. Les enfants ne comprenant pas pourquoi on a du courir le sprint en sortant de l’hôtel, on a bien été obligé de leur raconter… Cela a été l’occasion d’une petite leçon de culture !

La semaine qui a suivi à Santiago n’a pas été très drôle, entre les déclarations d’assurance, les démarches pour avoir un passeport d’urgence (sinon ce n’est pas une semaine qu’on attendra mais trois !), les recherches d’un autre vol pour auckland…Heureusement, on a eu la chance de participer à une très belle veillée pascale avec des chants magnifiques dans une petite église tout près de l’hôtel. Et le lendemain, ce fut dans notre chambre d’hôtel que la « chasse aux œufs » a eu lieu !

Et grâce à un copain d’Aix qui avait des relations à l’ambassade de France à Santiago (encore merci Alex !) et grâce également aux talents de négociateur de mon mari,  nous avons obtenu le passeport d’urgence dès la réouverture de l’ambassade après la semaine sainte. Direction Auckland !!! Nous partons un  mardi soir et nous arrivons un jeudi matin. C’est drôle car avec le jeu des décalages horaires, nous n’avons jamais vécu la journée du mercredi !!
Nous voici tout contents à l’aéroport de Santiago avec nos précieux passeports d’urgence…On ne se doutait pas que ceux-ci allaient nous « jouer des tours » par la suite, certains pays le refusant pour entrer dans leur territoire…Affaire à suivre!